mercredi 10 mars 2021

Le cureur de puits Théodore MILLOT

  BONJOUR,

Voici : Théodore MILLOT, la trentaine maintenant... doté d'une barbe rousse fournie et d'une longue tignasse, il a fait deux années dans le régiment des Zouaves durant la guerre de Crimée. Alors les surnoms affluent : "le grand rouquin", "le Zouave",...

Son métier actuel : cureur de puits (SOLEIL-PLUTON conjoint) mais il peut aussi faire des travaux de maçonnerie.

Il est marié depuis peu (1856) avec une lingère ; il a reconnu l'enfant qu'il lui a fait deux ans auparavant alors qu'elle était mineure. Il est vrai que depuis que ses parents sont décédés (1855) peu après celle de son frère aîné (1852) il s'est trouvé bien seul. 

Depuis la lingère est devenue éleveuse de volailles.....ça nourrit son monde !

Mais notre homme est malhonnête et après quelques méfaits, quelques vols, on le retrouve durant l'hiver 1859 en cellule. C'est sa 5ème condamnation.

Il recouvre donc la liberté au début février 1860 ; huit jours avant les faits, le garde champêtre se souvient l'avoir surpris dans le bois face à la tuilerie de Chemeteau ; un autre se rappelle l'avoir vu à Fossoy, le 11 février, dans une auberge à l'heure du déjeuner puis dans l'après-midi chez le maréchal ferrant ; lors de leur conversation sur l'horrible crime de Fontainebleau datant de quelques semaines déjà, son intervention avait choqué. 

Un fermier de Saint SÉROTIN l'a trouvé dans sa grange, le 13 février, couché dans son foin.

Le 16 au soir, le limonadier de Voulx, COLLIN, se souviendra qu'il lui manquait un couteau bien effilé après son passage dans son auberge.

Le 17, Théodore MILLOT déjeune chez le Sieur ROUSSELOT à Thoury Férottes ; avant son départ, il demande une bougie, une chandelle qui doit lui servir à graisser ses pieds gelés lors de la guerre à laquelle il a participé.

Madame CLERET qui a eu à faire avec l'homme, l'année précédente, pour curer son puits s'était faite plumer comme un pigeon par notre rouquin. Depuis une semaine, son chien qui habituellement dort auprès d'elle dans la chambre, l' importune par ses aboiements incessants ; elle prend donc la décision de se priver de sa compagnie et l'attache dans une écurie, loin de la maison.

Le 18, il fait un bout de chemin avec un sieur BOUCHOT qui le conduit à Vallery, en fin d'après midi.

Dans la soirée, il croise un couple et n'y prête pas attention.....La femme (du garde particulier) l'a reconnu ce grand rouquin. Tout comme Sally MacKeone qui indisposée est sortie prendre l'air dans le jardin du presbytère.

Alors quand le 19, au matin, les MARQUIS, inquiets de ne pas voir leur patronne Clotilde CLÉRET s'affairer à l'étage de sa maison,  vont s'aventurer dans la demeure de la vieille dame et découvrir le "bazar" ....un nom déjà court sur les lèvres....MILLOT.

 Ils iront rapidement chercher du secours auprès de voisins et prévenir les autorités

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Éléments : EAU M.C.et ASC+ 3  soit 5       FEU 3  TERRE 2   AIR 2 




Nous avons là un affabulateur, un inventeur de faits,....Il a réponse à tout, ne se laisse jamais surprendre par une question.....Ce n'est pas un conteur...C'est un menteur, un voleur, un escroc.

NEPTUNE y est certainement pour beaucoup : 

SOLEIL carré NEPTUNE-LUNE carré NEPTUNE-ASC opposé NEPTUNE- MC POISSONS-

On dit de lui qu'il est "la terreur du canton" 

MARS carré PLUTON - SOLEIL BÉLIER conjoint à PLUTON - MARS opposé à l'ASC.

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La femme MARQUIS qui vit avec son époux (contremaître) au rez-de-chaussée de la grande bâtisse, est montée la première chez sa patronne, Mme CLÉRET. 

L'échelle dressée contre la façade sous la fenêtre de la cuisine du premier étage laissée grande ouverte l'a interpellée. 

En voyant le désordre de la pièce, son sang s'est glacé. La veuve dans sa chemise de nuit gît au pied de son lit au bas duquel on remarque une bûche de bois ; des tiroirs sont déposés sur les draps. La vieille femme est encore couverte du bonnet de nuit maculé de sang, Son visage est violet et tuméfié. Son cou porte des traces de strangulation. 

Une deuxième échelle est adossée au poulailler. Des traces de pas sont bien visibles dans la neige, ce matin-là. Cela suppose que l'individu -un seul- s'est échappé de la propriété en grimpant sur le toit et en sautant le mur de l'enceinte.


Les gendarmes chargés de l'enquête et arrivés promptement sur les lieux, étudient avec sérieux tous les éléments : 
  • traces de pieds -nus-dans la maison -pour ne pas faire de bruit-
  • 2 allumettes chimiques et une large empreinte de suie -laissée par la chandelle-
  • des traces de sang sur le plancher de la cuisine, du corridor et de la salle à manger -l'assassin s'est blessé- 
  • le secrétaire dont les planches du fond ont été brisées, semble être le seul meuble ayant attiré l'attention du ou des voleurs
  • le carnet de comptes de la veuve CLÉRET permet d'évaluer le montant du vol : 220 frcs
  • aucun bijou, ni objet de valeur n'a été dérobé.
  • près du lit, on a approché un vieux fauteuil, une chaise de bois sur laquelle on a entassé papiers et chiffons et on y a mis le feu..... la paille de la chaise a brûlé,  le rideau du lit s'est consumé mais on ne sait par quel concours de circonstances, le feu n'a pas pris au reste de la pièce....
  • On trouve à proximité de la propriété un couteau qui ressemble fort à celui volé au limonadier de Voulx.

Théodore MILLOT est rentré chez lui dans la matinée. Les voisins ont remarqué sa pâleur et son accablement. Il se plaint de fièvre et ne peut avaler le moindre aliment que son épouse lui a préparé. Il met cet état sur le compte d'une dans un puits de 17 pieds de profondeur.
Quand les policiers viennent l'interroger, ils notent que son front et ses mains portent des marques de griffures....Il dit avoir tué des poulets pour son épouse....mais on ne trouve pas trace de poulets préparés.
La nuit ...il l'a passée dans une auberge d'Égreville, à 30 kms de là, sans pouvoir préciser laquelle, et assure être rentré en voiture jusqu'à Montereau puis avoir fini son trajet à pied. L'enquête auprès du chauffeur et des passagers démontrera qu'il n'était pas là ce 19 février.

Interrogé à son tour, le propriétaire des lieux déclare aux gendarmes que MILLOT, son locataire, s'est acquitté ce matin-là, d'un arriéré de loyers : 73 francs.
On retrouve au domicile du cureur la somme de 182 francs. Agnès VEAU, l'épouse, éleveuse de volaille, prétendra avoir eu 35 frcs de son commerce. 
Pour les gendarmes, le compte est bon : 182 frcs + 73 frc de loyers - 35 de ventes  = 220 frcs volés

Agnès VEAU dira avoir reçu de son époux un petit porte-monnaie en peau de daim avec fermoir en acier....Celui-là même qu'Henri HATHIER, petit fils de Clotilde CLÉRET, a offert à sa grand-mère. Le jeune homme précisera qu'une petite tâche d'encre est visible sur le cuir. 
Vérification faite, il s'agit bien du présent.

MILLOT s'empêtre dans ses déclarations : faux alibis, explications alambiquées, ...
Présenté devant un Juge, il simule la folie....
Les médecins chargés de l'examiner concluront que l'homme est parfaitement lucide et même s'il persiste à nier, son procès aura bien lieu six mois plus tard.

La Justice traite donc de l'affaire devant les tribunaux de SENS, les 27 et 28 août 1860 ; le travail de l'avocat de la défense est difficile. Un récidiviste, un crime monstrueux, ...des charges à remettre en cause.
Le couperet tombe  et pourtant Théodore MILLOT reste persuadé que sa peine sera commuée...

Il se fait bien à la prison, il se nourrit bien, prend de l'embonpoint. 
Un mois plus tard, on le convie à quitter la cellule pour....SENS ou PARIS ?  Il grimpe donc confiant dans une voiture cellulaire en direction de la maison d'arrêt. Il remarque bien la foule agglutinée sur les trottoirs.

À l'aube du mardi 2 octobre 1860, le greffier lui signifie 
  • le rejet du pourvoi, 
  • le refus du recours en grâce, 
  • l'application de la peine.......la peine de mort.

On eut recours à plusieurs officiers pour calmer l'homme déchaîné, sujet à une crise d'une rare violence.
C'est prostré, qu'il fut porté à bord de la charrette dans laquelle avaient pris place les ecclésiastiques. Au pied de l'échafaud, il semble bien qu'il se soit évanoui. Sous la lame, le BÉLIER donne l'impression de se débattre.

La foule, elle, frissonne.





Bonne Lecture, 

(cette histoire fait partie des affaires criminelles évoquées dans le livre d'Alain DOMMANGET)


isalucy23@orange.fr

La ferme rouge de JULLY

  BONJOUR,


1909 lundi 13 décembre, à JULLY, une foule immense accompagne 3 chariots à travers le hameau des Forges jusqu'au hameau de la Maine où se trouvent l'église et le cimetière où va se tenir une émouvante cérémonie.


Ce jour-là, on enterre un couple de fermiers, leur servante, le valet de ferme et le garçon de culture.

Trois jours plus tôt, ils ont trouvé la mort dans la ferme au Château qui deviendra bientôt : la Ferme Rouge.



Charles VERRIÈRE est né le 4 Novembre 1870 à Jully à 19 h



il a épousé Marie Émelina Ambroisine PERDU en 1899 à Bierry les Belles Fontaines.

Marie Émelina Ambroisine est née le 29 Novembre 1870 à ANNOUX à 14 h




Le couple d'agriculteurs vit dans la ferme au hameau  des Forges, un ancien château ; ils sont les parents de 3 filles et un garçon : 


Solange (1900) Renée (1901) Olympe (1903) Olivier (1904)


Dans cette ferme, ce 10 décembre 1909, vers 18 h, un drame se joue et c'est Louis IMBERT, 16 ans, domestique, seul rescapé qui donnera l'alerte en se réfugiant -tout ensanglanté- au hameau de la Bergerie, auprès du couple SARDIN à qui il racontera le grand malheur....


Louis SARDIN, Paul DIDIER son voisin, Paul BONNAMY le maréchal ferrant furent les premiers à se rendre sur place et à découvrir la scène de carnage.


Dès le porche d'entrée, ils trouvèrent allongé sur le sol, dans une mare de sang, le jeune garçon de culture, Henri BONNY , 14 ans, dit "le petit cabot", la tête fracassée. (la petite croix blanche à gauche de la carte postale signale où le corps fut trouvé)


En montant en direction de la maison, sur le chemin, une autre victime la tête "en bouillie" fut trouvée. Il s'agissait du valet de ferme italien : RUSCONI, 74 ans,  tué de plusieurs coups de hache.




À gauche, de la maison, à côté de la citerne, une mare de sang encore plus grande que les autres, 



sur la margelle un couteau ensanglanté, et la jeune servante de 22 ans : Marie GOGUET, la gorge tranchée a été jetée dans la citerne d'où on l'extraira.



D'étape en étape, les 3 hommes découvrent les victimes..Mais où sont les VERRIÈRE ?

Dans l'écurie, on retrouve Charles VERRIÈRE, 39 ans ; une balle dans la nuque a traversé la moëlle épinière et s'est logée dans la langue. Il est mort sur le coup.


Ramenée dans la maison, son épouse, Marie Émelina PERDU, qui a pris une balle au-dessus de l'arcade sourcilière ; celle-ci s'est logée dans le cerveau. Elle a été atteinte à la gorge par une seconde, ce qui a entraîné une forte hémorragie pulmonaire. Mais elle est encore vivante. 



On l'a transportée à l'intérieur de sa maison, on l'a allongée sur son lit, elle a encore le courage de demander à voir ses enfants. Le petit Olivier recevra le dernier baiser de sa mère. Elle agonisera encore une heure.

Les 4 enfants apeurés sont restés près de la cheminée à attendre leurs parents qu'ils ont vainement appelés ; Ils sont indemnes.

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Il fait déjà nuit noire quand les autorités, alertées, arriveront sur les lieux....  ainsi qu'une flopée de journalistes, reporters et photographes  ; l'histoire sera relatée grâce au témoignage du jeune rescapé....et un portrait robot des deux assassins sera diffusée très largement afin qu'ils ne quittent le pays. Les battues à travers la campagne ont déjà commencé.



D'origine suisse, Joseph JACQUIARD, 16 ans, 1 m 60, châtain presque imberbe et Joseph VIENNY, 14 ans, 1 m 48, châtain, employés à la ferme avaient programmé leur méfait en vue de délester leurs patrons ; ils avaient également envisagé leur fuite....La peur les a rattrapé....ils n'ont rien pris, pressés de fuir. Ils se sont saisis des bagages préparés auparavant et ont courus à travers le parc. Mais dans leur empressement, leurs carton et valise se sont ouverts, abandonnant sur leur chemin quelques objets.

Après avoir traversé la route de Laignes, ils suivront le bois et y abandonneront leurs bagages. Dans leur affolement, ils ne se sont pas aperçus qu'ils étaient revenus sur leurs pas. Ils reprendront leur course en direction de Sennevoy le Haut, une plaine, une forêt, ils arrivent près de Paisson, Pimelles où ils demandent à une femme de leur acheter une miche de pain en lui laissant 20 sous. JACQUIARD part acheter des allumettes chez le buraliste, ils s'en serviront pour allumer un feu et tenteront de prendre un peu de repos, couchés sur une meule de foin. Le lendemain, à Ancy le Libre, le même JACQUIARD va s'acheter des sabots dans une auberge épicerie avant de suivre le canal par la rive droite. 


Le dimanche 12, la nouvelle du carnage a été répandue dans toute la région et au-delà. Le garde champêtre, Joseph LECHTHALER, 77 ans, dit "le Tyrolien" est aux aguets depuis plusieurs heures quand il voit arriver, venant du bois, deux jeunes lascars qui sont dans l'incapacité de leur fournir des papiers. Pointant son fusil vers eux, il les enjoint de le suivre sans résistance jusqu'à la mairie.




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Une récompense fut attribuée aux 2 courageux citoyens : Joseph LECHTHALER et Louis IMBERT, le jeune rescapé,  par le préfet de l'YONNE, au nom du Ministre de l'Intérieur.

Quant aux deux auteurs des crimes, ils furent présentés devant la Cour de Justice en juin 1910. Un piquet de soldats du 4ème de ligne était déployé pour éviter un lynchage.


Le plus vieux écopa de la peine de mort alors que l'autre fut condamné à 20 ans de détention. Mais le Président FALLIÈRES leur accorda une grâce et les peines furent considérablement allégées. 

Richard Joseph JACQUIARD obtint perpétuité dans un bagne ; il embarqua sur le Loire en décembre de la même année et 7 ans plus tard, décéda  (3 septembre 1917) aux îles du Salut en Guyane. 

Quant au second ???....


Bonne Lecture,


isalucy23@orange.fr







à VAUGOURET

  BONJOUR,


Au Sud-Ouest de Pont-sur-Yonne, se trouve le hameau de Vaugouret, où vit la famille DESPIERRE depuis que le père de famille, avec ses deniers propres, comme il se plaît à le dire, a fait l'acquisition d'une petite bâtisse où il vit entouré de sa femme Prudence et ses 3 enfants : Eugène, Alice et Louise.....


En fait quand je vous dis qu'il vit là avec ses enfants et son épouse Prudence ..c'est quelque peu erroné !


D'ailleurs Prudence n'est pas Prudence ; c'est Honorée Prudence SAINTON. 

Elle est née à Pont-sur-Yonne le 2 mars 1864 à 2 h du matin dans une grande famille de 9 enfants. 


Avant ses 20 ans, elle a épousé Firmin Jean Charles DESPIERRE ; il est né le 30 août 1858 à Brannay à 15 h. sous le signe pointilleux et organisé de la VIERGE, le signe opposé donc possiblement complémentaire du sien.


Honorée Prudence  est une jeune femme considérée comme douce, gentille, courageuse, intelligente ; travailleuse, elle et son époux occupent des emplois saisonniers quelque peu précaires. Comme Firmin ne boit pas, il est apprécié pour son efficacité, (VIERGE, SOLEIL trigone PLUTON) son courage mais pas pour son caractère...On le décrit comme peu causant, renfermé voire même sournois.....et particulièrement avare..."d'une avarice difficilement imaginable", dit-on. 

Ils n'ont pas quitté Pont-sur-Yonne et au bout de quelques années, Firmin a été en mesure d'acheter une petite maison pour y loger sa famille qui désormais se composait d'Eugène (Léon l'aîné n'ayant pas vécu), Alice née 4 ans plus tard, et enfin la petite Louise qui a hérité de la fragilité de sa mère.



En effet, la santé d'Honorée a été mise a rude épreuve d'autant que son époux lui refuse les soins nécessaires. Ses principes sont clairs : il paie le boulanger, l'épicier et le docteur ; elle doit assumer les frais de boucherie, les achats nécessaires à la confection de vêtements, les médicaments....chaque achat est contrôlé. Et souvent le ton monte ; il est même arrivé que les coups pleuvent sur Prudence.

Firmin est très irritable (SOLEIL carré MARS, MARS-URANUS opposés ;  MARS est au demi-carré de celui d'Honorée.)

Dans une telle ambiance, les deux aînés du couple ont vite compris l'intérêt de se chercher un emploi bien rémunéré et de s'éloigner de ce père si peu aimant qui dans ces moments-là, crie à tout va qu'il n'en a que faire de sa femme et des enfants...qu'ils peuvent bien s'en aller.

Eugène a répondu a ses obligations militaires, il occupe un poste d'employé au Bon Marché à PARIS. Il s'y est marié en 1909 ; seule Alice, sa soeur, qui avait trouvé un emploi de domestique dans la capitale, y assista.  Sa tante Julie, la soeur aînée de sa mère était là aussi. Ses parents se sont évités les frais de notaire en faisant parvenir leur consentement déposé en Mairie. 

Cependant Eugène ayant contracté une fièvre typhoïde a du, sur les conseils de son médecin, revenir se rétablir à la campagne. Au printemps 1910, il s'installe chez ses parents à qui il verse une pension pour couvrir les frais de sa venue. Là, il fut témoin d'une scène qu'il décrira plus tard à la barre du Tribunal : sa mère souffrait d'un abcès, elle devait avoir recours au médecin ; son père s'opposa à la venue du toubib. Le voisin M. CASSEDANNE dut aller le chercher.

Eugène, dès lors, jugea nécessaire de se trouver un logement ailleurs. 
Dans le même temps, sa mère consciente du caractère égoïste de celui qu'elle avait épousé, prit des dispositions pour qu'une action en séparation soit intentée. 
Depuis 5 ans déjà, Firmin et Prudence faisaient chambre à part. 
Ce "fameux" soir, il avait menacé Prudence qui refusait de lui laisser la totalité des revenus de son labeur. 
Il s'était montré si violent que la décision de dormir désormais aux côtés de sa petite Louise s'imposait. On apprendra par la suite que Firmin détenait sur un compte la somme de 8 000 frcs d'économie alors que son épouse Prudence n'avait réussi à économiser que 600 frcs sur son livret d'épargne.

Eugène prit donc des dispositions pour louer une petite maison à St SÉROTIN où sa mère travaillait déjà auprès de Mme DUFAUD, la couturière. Lui, y logerait pendant ses congés et sa mère y vivrait au calme avec Louise. 
Prudence, préparait son départ. 
Elle avait rempli une malle de son linge et de celui de sa fille. La malle avait été déposée chez l'épicière, Mme Marie BARDOT, une amie. 

Alors Firmin fit paraître une annonce dans la presse, l'Union de l'Yonne, dans laquelle, il déclarait ne plus répondre désormais des dettes (achats) de son épouse. 

Prudence fut vite rassurée par le Juge de Paix qui lui conseilla d'avertir les commerçants que pourvu qu'ils ne lui livrent que le strict nécessaire à l'existence de sa fille et d'elle-même, les notes seraient honorées par son mari -cette insertion dans les journaux ne suffisant pas à exonérer Firmin de ses obligations légales envers sa famille-.

Le Dimanche 10 septembre 1911, Honorée Prudence rendit visite à sa fille Alice à l'Hôtel des Voyageurs. Alice la trouva triste et un peu inquiète. Louise était restée à jouer avec son amie Justine CLERGET ; les deux fillettes aperçurent Firmin entrant dans la maison. Il n'avait pas prêté attention aux deux gamines, pressé qu'il était de vérifier la note que l'épicier lui avait envoyée. Il avait retourné tous les tiroirs des meubles mais n'avait pas pu mettre la main sur le livre de comptes.

Il quitta la maison et se rendit chez sa belle-soeur par alliance, Claire DUCHAT l'épouse de Joseph Honoré SAINTON. Depuis sa "séparation" d'avec son épouse qui refusait désormais d'entretenir son linge, il déposait ses effets personnels chez Claire. Il savait pertinemment que les deux femmes n'entretenaient pas de bons rapports. C'est donc auprès de cette dernière qu'il s'épancha, qu'il répandit son fiel, sa colère....Mais il parlait si fort que sa voisine, Pauline LAFOND entendit quelques bribes de cette conversation : 
        - C'est au bout, il faut que ça finisse !"

Pauline LAFOND tenta bien d'avertir Prudence d'un danger, elle ne trouva que Louise à qui elle confia la mission d'alerter sa mère...mais Prudence avait pris du retard dans son labeur et dut se rendre chez son voisin M. CASSEDANNE pour la traite des vaches. Elle rejoint son époux pour l'heure du dîner auprès de leurs employeurs ; Firmin ne dit mot. Prudence et Louise rejoignirent la maisonnée après la vaisselle. Elles se dévêtirent et s'apprêtaient à se coucher quand Firmin vint lui réclamer le carnet de comptes. Prudence répondit qu'il était dans le tiroir de l'armoire et qu'elle n'y avait pas touché....Quand Firmin dit à son tour :
        - C'est un malheur si je saute sur toi !

Dans le même temps, il lui asséna un grand coup de poing dans l'estomac ce qui fit chuter la mère de famille sur le dos. Firmin saisit son épouse par les cheveux et la traîna à l'extérieur de la maison. 
Louise tenta de s'interposer mais elle fut projetée dans le chambranle de la porte. Dans la cour, il se saisit d'une branche de cerisier prise sur le tas de bois et asséna un coup sur la tête de la mère de famille. Couchée sur le ventre, Prudence se plaint de la douleur ressentie. Un second coup puis un autre et encore d'autres mirent fin à ses plaintes sous les yeux de la petite Louise en pleurs, hurlant dans la nuit : "Au Secours".

C'est Mme CLERGET qui l'entendit et qui, devant le corps sans vie de sa voisine, courut chercher M. CASSEDANNE. 
Les choses s'enchaînèrent très vite.
Louise fut écartée du spectacle de sa mère qu'elle voulut embrasser ; les gendarmes arrivèrent et firent les premiers constats. 
"On aurait dit un forgeron sur son enclume" dirent les témoins pour expliquer la façon dont Firmin DESPIERRE s'acharnait sur sa malheureuse épouse.

On retrouva la trace du meurtrier chez sa mère à BRANNAY en compagnie de son frère : Narcisse et de son neveu. Il s'était changé, avait déposé ses vêtements souillés de sang chez sa "blanchisseuse"... Claire SAINTON. C'est affalé dans un fauteuil que les gendarmes le cueillirent.

Le procès se tint quelques mois plus tard ; le jury essentiellement masculin lui trouva des circonstances atténuantes. 

C'est sur le "Loire" qu'il partit effectuer sa peine de 12 ans de Travaux Forcés en GUYANE. 

Il bénéficia d'une année de remise accordée par le Président de la République...mais cela ne suffit pas à le faire revenir. Il décéda sur les îles du Salut en 1922, le 12 mars.







Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr








mercredi 7 novembre 2018

Histoire unique en Vienne

BONJOUR,


Une Histoire bien Singulière que celle-ci :

Norbert CORVAL appelé Damien (son dernier prénom de naissance) est le fils unique d'un couple de cultivateurs ; il est né à Notre Dame D'Or dans la Vienne, le 11 Janvier 1890 à 18 h.




Son père ; Pierre Célestin, occupera des fonctions de Conseil municipal au sein de sa commune puis d'adjoint au Maire -celui-ci étant son cousin : Jules- 

La vie s'annonce belle. 
Norbert (Damien) âgé de 24 ans passés, épouse le 6 juin 1914, Olga CHARPENTIER .

Mais le 28 juin, à Sarajevo, l'Archiduc François Ferdinand et son épouse sont assassinés 
La Guerre est déclarée.
Fort de ses 24 ans, Norbert part au Front au sein du 113ème R.I de Blois. 
Il n'en reviendra pas.
Le 22 Août 1914, il est porté disparu en Belgique, du côté de Signeulx ; 

Sa dépouille retrouvée avec celle d'autres valeureux combattants sera déplacée 3 fois en Belgique 
avant d'être définitivement enterrée à Gorcy (54) ; il a été reconnu Mort pour la France.


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Cette histoire -aussi triste et noble soit-elle- ne s'arrête pas là.

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Les parents CORVAL : Pierre Célestin et Germanie THOMAS mariés en 1889 n'avaient qu'un seul enfant. Et c'était celui-là.



Pierre Célestin CORVAL était né à Frontenay sur Dive dans la Vienne (86)
 le 21 Septembre 1865 à 5 h le matin
 de Pierre et Radegonde TASCHER.




Il n'a pas 2 ans quand son père, âgé de 29 ans, décède le 21 Août 1867. 
Sa mère enceinte, mettra au monde des jumeaux -enfants posthumes- 
mais ils décéderont quelques mois plus tard. 

Pierre Célestin deviendra un "homme dur en affaires", "assez peu sociable", "enragé de la chasse"

En 1889, il épouse Germanie THOMAS de Notre Dame d'Or.
Germanie est née le 13 Octobre 1870 à 19 h 
de Pierre qui meurt le 17 juillet 1881 (à 52 ans).
et de Marie Magdelaine GARNIER.






Germanie et Pierre se sont donc mariés dans la commune de la jeune fille à Notre Dame d'Or (86)
-comme il se doit, à cette époque- le 3 Juin 1889 à 9 h.

Leur fils : Norbert Joseph Anselme Damien, naît le 11 janvier 1890 
soit 7 mois plus tard. 
Ce sera leur  unique enfant et ils le perdront lors de la 1ère Guerre Mondiale, 
alors que le jeune homme venait d'épouser Olga CHARPENTIER. 

Les époux n'accepteront jamais cette disparition. 
Olga, elle, se remariera en 1920 avec André ROBINEAU 
dont elle aura dès l'année suivante, une fille : Alphonsine.  

Pierre Célestin CORVAL qui a repris des fonctions de conseiller au sein de la municipalité en 1925, fera don pour la commune d'un corbillard qui apparaîtra dans le film du cinéaste : Pascal THOMAS : Pleure pas la bouche pleine"
Il loue ses terres désormais à Edmond AUBRY.  

Les années ont passé ; désormais sans héritier, le couple n'arrive pas à se mettre d'accord sur leur succession. 
Qui héritera de leurs biens ?
Pierre Célestin souhaite qu' Olga, la femme de son fils, en bénéficie.
Germanie n'y tient absolument pas.

Alors que se passe-t-il dans la tête de Pierre ce 14 Décembre 1938 ?

Cet après-midi là, il va régler ses dettes : les achats chez le boulanger fort étonné de voir qu'il n'attend pas la fin du mois, comme d'habitude. Pierre prétend qu'ils vont s'absenter "quêques jours".

18 H ce mercredi, les voisins entendent un coup de fusil.

4 H le matin du jeudi 15 Décembre, ils entendent à nouveau un coup de fusil. Mais la maison est fermée.

Une lettre écrite par Pierre sera retrouvée à l'intérieur de la maison par le Parquet  qui n'exigera pas d'autopsie. Pierre a tué Germanie ; 
Dans l'église, il n'y aura qu'un seul cercueil, celui de Germanie. 
On retrouve le règlement de cet enterrement de Première Classe dans les archives. 
Deux couronnes mortuaires seront également réglées. 

La foule suivra le corbillard qui la transporte jusqu'à sa tombe.....

où plus tard, dans la soirée, 
le cercueil de Pierre, suicidé et criminel, sera déposé à son tour.


Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr

vendredi 2 novembre 2018

Les Exécuteurs,

BONJOUR,


Dans cette profession (https://www.youtube.com/watch?v=pcMN6eYmcp4)

il faut demander le grand père : Antoine RASSENEUX...exécuteur

le fils Gustave RASSENEUX ou le Gendre : Louis DEIBLER qu'on qualifiait de gauche et jugé trop lent, souffrant d'hématophobie...

le petit-fils : Anatole DEIBLER un rouquin à la barbe bien taillée, en redingote sombre, aux allures de Dandy.

car si cette profession est une transmission de charge c'est également une histoire de famille, de société et d'État.
Après la Révolution, le statut de ces agents contractuels de l'État a été redéfini. Ceux que l'on surnommait : Riffleur, Bingre...virent leur statut réhaussé.
Dès lors, il était interdit de les appeler : BOURREAU....le terme exact requis : Exécuteur de Haute Justice leur fut donc accordé. 
Le Comte de CLERMONT-TONNERRE avait estimé que ces personnages n'étaient que des fonctionnaires accomplissant une fonction sociale. "Tout ce que la Loi ordonne est bon, elle ordonne la mort d'un criminel, l'Exécuteur ne fait qu'obéir à la Loi."

Ainsi nous sommes en présence d'une famille complète d'Exécuteurs 


Le troisième de cette lignée :

Anatole Joseph François DEIBLER est né sous le signe du SAGITTAIRE le 29 Novembre 1863 à RENNES à 20 h 30 (acte N° 1072) de Zoé Victorine RASSENEUX et de Louis Anatole DEIBLER âgé de 40 ans, propriétaire Avenue de la Gare -déclarant de la naissance accompagné du grand père : Joseph ANTON. (DEIBLER) et de Stanislas RASSENEUX.-
Anatole Joseph François DEIBLER

La fonction d'exécuteur consistait également a relaté dans des carnets les détails des exécutions (dates, heures, motifs de la condamnation, comportement des suppliciés avant l'ultime moment). (SOLEIL-MERCURE)  Ces 14 carnets dans lesquels il a noté scrupuleusement les derniers moments de ces rois de la cambriole, ces empoisonneuses, anarchistes et autres violeurs, parricides,.... à qui il a ôté la vie, ont été vendus en 2003 lors d'une vente Salle Drouot pour un très bon prix.

Antoine François Joseph RASSENEUX  -père de Zoé- est  "exécuteur" entre 1855 et 1885 à ALGER ; Louis DEIBLER prend sa charge de 1879 à 1899.
Après lui, Anatole DEIBLER occupe ce rôle d'Exécuteur en Chef à la mise en retraite de son père après avoir été formé aux côtés de son grand-père en Algérie durant quelques années, après son service militaire.(SATURNE en Maison 3) 
En 1898, Il a épousé, à PARIS, Rosalie ROGIS d'une famille d'Exécuteurs également.
Rosalie ROGIS


Anatole DEIBLER qui a perdu un premier fils, n'a plus qu'une fille : Marcelle ; ce sont donc ses beaux-frères Louis ROGIS et Eugène ROGIS qui se forment à ses côtés.

exécution du chef de la bande des Chauffeurs de la Drôme en 1909


Quant à lui, dès 1906 il doit envisager une reconversion ; en effet, la politique de clémence qui se joue dans le pays ne lui permet plus d'effectuer autant de "missions". Il prendra donc une seconde activité : la vente de champagne, avec pour nom d'emprunt : "François ROGIS". Cependant, durant la 1ère Guerre, son savoir-faire s'exporte vers la Belgique où il est réclamé. (SAGITTAIRE avant tout).

À son décès (en février 1939) survenu brusquement (crise cardiaque dans le métro) la charge revient à ses neveux par alliance :
Jules Henri DESFOURNEAUX

Jules Henri DESFOURNEAUX  -fils de Louis ROGIS- (1939-1951) suivi par André OBRECHT -fils de Juliette ROGIS- (de 1951 à 1976)
puis encore Marcel CHEVALIER (1976-1981)

Ce métier d'agent contractuel dans une fonction dite sociale dépendait du Ministère de la Justice :  Exécuteur de Haute Justice,  péjorativement dénommé : BOURREAU, prit fin avec la mise au rebut de la Guillotine.



Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr

La Bonne Dame de LOUDUN

BONJOUR,


La Bonne Dame de LOUDUN  comme certains l'ont appelée  mérite que l'on s'attache à son thème de naissance.

Née dans la commune de Saint Pierre de Maillé dans la VIENNE, elle est du signe du LION ; son ASC est GÉMEAUX.



Ici, on peut appeler le dessin obtenu :  "coupe" ou "bol" avec une concentration de planètes dans un secteur d'environ 180 ° .
Certains prétendent qu'avec un tel motif ce sont souvent les difficultés qui le font évoluer et que les challenges sont conseillés.
Question challenge celui de Marie Joséphine DAVAILLEAUD est de taille puisqu'il va s'agir de sauver sa vie.
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Marie Joséphine DAVAILLEAUD bénéficie d'un SOLEIL conjoint à JUPITER en Maison 4
Cette conjonction pourrait faire d'elle une dominante d'autant que JUPITER reçoit 4 aspects : deux aspects aux luminaires, un carré à URANUS, un sextile à NEPTUNE.

La véritable dominante devrait être MARS conjoint à l'ASC et trigone au M.C. mais carré au SOLEIL ; deuxième maître du SCORPION signe particulièrement occupé par un luminaire et deux autres planètes en conjonction.

MERCURE maître de l'ASC, est également bien placé dans son domicile : la VIERGE, représentative de la Maison 6  ; MERCURE y est conjoint à VÉNUS mais carré à l'ASC. 

Ce SOLEIL conjoint à JUPITER apporte optimisme, sociabilité. 
HADÈS explique que cet aspect se traduit par l'acceptation de tous les milieux ; ceux situés au-dessus lui étant favorables, ceux situés au-dessous se conformant à ses vues...même chez les personnalités banales, cet aspect joue un rôle de garde-fou....accordant honneurs et distinctions sociales.....
dans la Maison 4 serait le signe d'un foyer heureux, d'un comportement protecteur vis-à-vis des siens, d'un sens aigu du confort et d'un possible patrimoine immobilier.

seulement JUPITER dans le thème est mal aspecté par MARS en Maison 12 ce qui peut l' amener à subir "les foudres de la Justice", de vivre des conflits et des procédures concernant les biens familiaux. Le risque de procès est donc grand et les épreuves de la Maison 12 dont MARS est le maître,  ne devraient pas manquer. 
Le SOLEIL est le maître de la Maison 4 en Maison 4 : les valeurs traditionnelles et familiales semblent particulièrement importantes, son rôle au sein du foyer, l'importance du patrimoine et l'influence d'un des deux parents. 

PLUTON en Maison 1 est angulaire ; il est le deuxième maître de la Maison 6 (santé, services...), et est carré au Maître de l'ASC  et de la Maison 5 (enfants, amours, créations ...)
Il représente un fort coefficient d'agressivité, de sensualité aussi.
Carré à MERCURE, il peut représenter un danger pour un membre de la fratrie, un danger pour la motricité, un problème à communiquer, un ennemi à travers un courrier, un appel, un mail....dans le voisinage. 

La conjonction MERCURE VÉNUS confère cependant douceur, amabilité, gaieté, une aisance dans l'élocution, une voix pouvant être agréable. 

Marie est fille unique auprès de parents aimants et adorés.F.C. en LION : On rayonne dans la sphère familiale, devenant sans vraiment l'avoir cherché, le centre attractif.
Elle fut un temps  pensionnaire puis revint faire ses études dans son village. 
Une fièvre typhoïde l'empêche de participer aux épreuves du certificat d'études. Elle sera donc utile auprès de ses parents sur leur exploitation. 

  Quand Marie tombe amoureuse d'un cousin de la branche maternelle, ses parents s'opposent à cette fréquentation. Leur réaction est justifiée par l'état de santé de ce jeune homme qui vient d'être réformé alors que le pays a tant besoin d'hommes pour défendre ses frontières. Nous sommes en 1914 la guerre éclate. Marie est mineure ; elle patientera jusqu'au 6 avril 1920, date à laquelle elle épouse celui qu'elle aime : Auguste ANTIGNY de 9 ans son aîné, concierge au Château des MARTIN à BIGNOUX. Auguste souffre d'hémoptysie -sans doute relative à la tuberculose- 

Le mariage est heureux mais aucun enfant ne naîtra de cette union. Auguste ANTIGNY décédera 7 ans plus tard d'une pleurésie. Marie vient de perdre l'amour de sa vie et hérite d'une belle petite somme que lui a laissé son époux. 
NEPTUNE transite le SOLEIL natal en Maison 4 et SATURNE (r) au Descendant.

En bonne catholique elle prend le deuil et revêt le noir. Comme elle est dépressive, sa mère l'envoie dans sa famille, chez une cousine : Pascaline, à LOUDUN ; c'est là qu'elle fait la connaissance d'un certain Léon BESNARD (né Roger Marie Léon) né sous le signe de la VIERGE. Si il est célibataire c'est avant tout un "coureur" et un "vieux garçon"...Issu d'une famille de cordiers, il travaille avec son père sans obtenir d'autonomie financière et l'entente entre ces deux-là est difficile.  (carré SOLEIL-PLUTON) les disputes sont fréquentes ; on raconte même qu'ils "en sont venus aux mains et que le fils a failli étrangler le vieux Marcelin".
Il a une soeur également : Alice Marie Lucie et là encore, il semble bien que la jalousie soit entrée dans leur coeur. Alice est mariée à Marcel BODIN.

Seulement Roger dit Léon est amoureux et poursuit de ses assiduités Marie -retournée auprès de ses parents- finir son demi-deuil. Le jeune homme la demande en mariage. L'union sera célébrée dans la commune de la mariée, le 12 Août 1929. Les deux années de deuil réglementaires ayant pris fin. 
JUPITER transite PLUTON Natal en Maison 1 ; 

La famille de Léon n'est pas venue. Marie ne parvient pas à les réconcilier. (URANUS carré à la LUNE dans le thème de Roger BESNARD) L'année suivante, il semble bien qu'ils prennent des dispositions testamentaires. (SATURNE est toujours en Maison 7)


Les années passent ; aucun enfant ne viendra agrandir leur foyer. Les affaires vont bien. ASC 4° Gémeaux degré de chance - VÉNUS sur 4° VIERGE degré de production.

 Marie est sérieuse, économe, bonne gestionnaire. Ils font envie et des lettres désobligeantes leur parviennent. D'autant que la grande-tante : Marie LABRÈCHE Vve LECOMTE décède en Août 1938, laissant un héritage conséquent (plusieurs maisons) à Lucie....en 1938 

Toussaint RIVET, pâtissier, ami de longue date de Léon décède à 60 ans en Juillet 1939
Son épouse Blanche vit très mal son veuvage et Marie est aux petits soins pour son amie : elle l'accueille dans la demeure familiale. Blanche dont la santé décline envisage de céder en viager sa maison à Léon pour  55 000 francs avec un premier versement annuel de 2 400 francs ;

La guerre éclate en Septembre 1939.

Le 5 décembre 1939, Blanche RIVET sentant ses forces s'amoindrir, convoque son notaire pour mettre en place sa succession. Elle ne passera pas l'année ; elle décède le 27 décembre. C'est là que Marie apprend qu'elle est la légataire universelle de son amie.

Le 14 mai 1940, le père de Marie, âgé de 78 ans, décède d'une congestion cérébrale. 
NEPTUNE est en Maison 5 (la maison du père) sur un carré à NEPTUNE Natal en maison 1. 
Marie chérissait ses parents et a un véritable chagrin à la perte de ce père déjà âgé (78 ans).
Sa mère : Marie Louise ANTIGNY  hérite avec sa fille en usufruit d'une ferme et de 40 ha

C'est au tour de la grand-mère de Léon : Louise LABRÈCHE Veuve GOUIN (92 ans) de décéder, en Septembre 1940, laissant un héritage conséquent de biens immobiliers à sa fille : Marie Louise GOUIN épouse BESNARD

Deux mois plus tard, le 19 Novembre 1940, Marie Louise GOUIN devient Veuve. Marcelin qui a déjà fait 3 attaques et est proche de la paralysie totale, décède d'une embolie. Le couple était marié (en 1893) sous contrat. Marie Louise est usufruitière et ses enfants : Lucie et Léon héritent d'une fortune : 227 734 francs. Mais la mère n'a aucune confiance dans son fils. Un expert géomètre a été nommé et Marie Louise le suit dans toutes ses démarches. C'est là qu'elle contracte une congestion pulmonaire. Elle a 69 ans et une pleurésie l'emportera.  
Dans le thème de Marie BESNARD, URANUS est carré au SOLEIL Natal. SATURNE s'oppose à SATURNE Natal. 

Le 16 janvier 1941, Marie Louise GOUIN Vve BESNARD décède  à la suite d'une congestion pulmonaire double. Le pactole revient aux enfants BESNARD. 262 325 francs et les maisons héritées de la grand-mère GOUIN-LABRÈCHE.

Le frère et la soeur se chicanent pour l'attribution de la propriété que Léon s'est empressé de garder.
Léon tient sa revanche.
Les choses sont allées vite et ça continue..... puisque Lucie est retrouvée pendue dans son salon deux mois plus tard......le 27 mars 1941.Et c'est bien Léon qui accompagné du garde-champêtre la trouve accrochée à l'escalier. C'est aussi Léon qui hérite encore. Lucie étant veuve, sans enfant et n'ayant fait aucun testament.
URANUS dans le thème de Marie BESNARD (r) revient sur le carré au SOLEIL Natal. 

Marie BESNARD n'en finira plus de porter le deuil.



1942  Si les finances de Léon vont bien, la santé de Marie s'altère et voici que Marie doit être opérée à la suite d'une péritonite. Elle subira également dans le même temps une ovariectomie.

Des 12 morts qu'on lui reprochera, le seul a avoir bénéficié de richesse c'est Léon. Léon dont on dit qu'il entretient une liaison avec Mme PINTOU, l'amie qui a su se rendre indispensable auprès de Marie BESNARD dont la mère est chez elle, dont les cousines de son mari : Pauline LALLERON et Virginie LALLERON (plus de 80 ans chacune) ont été recueillies du fait de l'occupation par les allemands de leurs maisons.....sont également chez elle.  Mme PINTOU est employée aux PTT et elle occupe -moyennant loyer- la maison de Lucie BESNARD -décédée-. Marie BESNARD a du mal à se remettre de ses opérations. Mme PINTOU est de plus en plus présente auprès du couple et Marie sera témoin de baisers entre elle et son époux.

Louise PINTOU

1945  Un jeune prisonnier allemand "ADY" est affecté aux travaux ruraux. Les deux femmes qui restent néanmoins amies, prennent soin tour à tour de ce jeune homme ....et les rumeurs vont bon train.

En Juillet de cette année, les cousines LALLERON  décèdent à 8 jours d'intervalle. C'est encore Léon qui héritera de ses deux cousines.

L'été 1947 est brûlant dit-on et Léon fatigue ; les travaux de maçonnerie lui sont désormais pénibles. Il semble que tout commence à la ferme des Liboureaux, terre d'enfance de Marie. Marie a cuisiné pour ceux qui se trouvaient là....Au retour, Léon est pris de vomissements. Étant le seul malade, il ne peut s'agir d'un virus de banquet. Léon ne se rétablit pas ; le médecin y voit une angine de poitrine. Ses amis lui rendent visite, Louise également. Le 25 Octobre 1947, il meurt et Marie hurle de douleur et de chagrin. 

Un an plus tard, -à 100 kms de chez Marie-  le château de Montpensier prend feu.  Ce château est occupé par Auguste MASSIP ami de Louise PINTOU.  Auguste MASSIP porte plainte contre Marie BESNARD pour usage de sorcellerie. Une enquête est diligentée. Le coupable est un enfant de 6 ans qui jouait avec des bougies. 

Le 14 janvier 1949, la mère de Marie décède à 87 ans, des suites d'une grippe. Un héritage de plus.

Le 5 février 1949, la maison occupée par Louise PINTOU a été "cambriolée"....on n'y a rien pris, tout a été jeté dehors. Cette maison, Marie BESNARD l'avait vendue à Célestin LANDRÉ, domestique, qui compte bien occupée cette maison et qui l'a bien fait comprendre à Louise PINTOU à qui il a envoyé un huissier.

MASSIP dont la rancune semble tenace et Louise PINTOU -avant de quitter la région- accusent ouvertement Marie d'être à l'origine du cambriolage et  d'avoir empoisonné son mari .....

Marie BESNARD aura connaissance des plaintes contre elle par l'intermédiaire d'une amie. Elle ne comprend pas l'attitude de celle qui s'est dite son amie et à qui elle a donné sa confiance, ouvert son coeur.
La machine judiciaire est en route. Après une première exhumation (celle de son mari) et le 21 juillet Marie est arrêtée. L'instruction dure plus de deux ans et occasionne de nombreuses exhumations. Le procès commence le 20 février 1952, à POITIERS.....SATURNE est opposé à JUPITER durant cette période.  PLUTON transite JUPITER en maison 4 et est au carré d'URANUS Natal.  sa situation est mal engagée et de fait, elle est reconnue coupable de plusieurs empoisonnements dans le but de s'enrichir.
Marie se rend à pied à la prison 

Le Juge qui a constaté des erreurs, réclame de nouvelles expertises et de nouvelles exhumations. C'est une nouvelle instruction qui commence. Le procès se tient à BORDEAUX ... Louise PINTOU ira jusqu'à révéler que c'est Léon qui aurait pendu sa soeur....selon les dires de Marie BESNARD. Les frères MASSIP ont un comportement ubuesque, ils sont intarissables. Le plus important de l'affaire furent les nouvelles recherches sur l'arsenic et sa provenance. Les résultats étant ambiguës, .....

le 15 mars 1954, on accorde la liberté provisoire à Marie contre une caution exhorbitante.....que l'acteur et chanteur Charles TRENET s'apprête à payer. Le 15 mai 1954 après que la caution ait été revue à la baisse et honorée par des cousins, parents et amis, Marie BESNARD retrouve sa maison. 
URANUS est trigone à URANUS Natal - NEPTUNE (r) en BALANCE est sextile au SOLEIL et PLUTON transite la conjonction natale SOLEIL-JUPITER

L'affaire passe dans d'autres mains et de grands chercheurs du Collège de France se penchent sur le dossier. 
on ne peut tirer aucune conclusion des examens – les examens médicaux n’affirment ni n’infirment l’intoxication par l’arsenic – de plus toutes les personnes supposées avoir été empoisonnées ne présentaient pas, de leur vivant, aucun signe caractéristique d’empoisonnement par l’arsenic.

Le 22 Novembre 1961, Marie BESNARD après avoir beaucoup été caricaturée, est acquittée. Elle ne sera pas indemnisée pour le temps passé en prison.


PLUTON est proche de MERCURE natal, NEPTUNE transite SATURNE Natal, URANUS (r) est carré à MARS Natal, le SOLEIL, MERCURE, VÉNUS et MARS sont en Maison 7

Retournée à LOUDUN, Marie BESNARD se décidera à faire paraître deux ans plus tard :  "Mes Mémoires"(MARS 30° Taureau : degré de Renommée) 
Elle vivra encore près de 20 ans, à LOUDUN ; elle fera don de son corps à la Science.
Son avocate écrira plusieurs livres sur sa cliente, dès 1984.


Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr