lundi 22 mars 2021

Au bagne des Pins

 BONJOUR,


C'est d'AUVERGNE que notre natif nous vient.



Né le 23 janvier 1845 à GANNAT (ALLIER-03) à 21 h au sein d'une bonne famille dont il est l'aîné. Le père : Amable, est instituteur, l'oncle paternel est médecin et le grand-père : Pierre est greffier près du Tribunal.
Un thème prometteur : un Cerf-volant
On remarque tout de même une carence en EAU
qui vient avantager le FEU.
L'occupation du Cadran Nord Ouest (à droite du méridien, sous l'Horizon) suppose que l'on accorde une grande importance aux autres et que c'est par rapport à eux qu'on cherche à s'affirmer. L'attitude des Autres aura fatalement une répercussion sur la personne. On subit leur influence ; on réagit beaucoup en fonction de leur attitude. Ici, il est dit que l'on fonctionne avec son coeur.

Gilbert MORDEFROY-DANVAL a fait des études de pharmacie..
Peu avant de fêter ses 31 ans, dans le 9è arr de Paris, le 20 janvier 1876, il épouse une parisienne Mathilde Catherine JARRY qui n'a que 21 ans.
Il a obtenu l'assentiment de son aïeul paternel, ses parents étant décédés.

Les tourtereaux se sont installés dans leur pharmacie, rue Maubeuge.
C'est là que le matin du 9 septembre 1877, à 10 h, la jeune épouse meurt.

Si jeune, de quoi est-elle décédée ?
D'empoisonnement dit-on....
Le mari aura beau se défendre devant les enquêteurs, un Procès aura bien lieu
Et le verdict du 10 mai 1878 sera sévère.
Gilbert MORDEFROY-DANVAL, 33 ans, est condamné à perpétuité pour l'empoisonnement de son épouse. Son pourvoi lui sera refusé. 
Six mois plus tard, séparé des siens, le pharmacien a troqué sa blouse blanche contre celle rayée des Transportés, chaînes aux pieds, il a pris la route de la Rochelle pour embarquer le 28 décembre, sur le Navarin auprès de 363 autres mécréants et 150 soldats venus relever les deux compagnies de Nouvelle Calédonie.
Le 31 décembre, le Navarin prend la mer mais une tempête occasionne une avarie au mât de misaine
qui oblige le bateau à rebrousser chemin. Le 6 janvier 1879, nouvel appareillage. Le 12 janvier une voie d'eau à occasionner l'affaissement du grand mât ; le Navarin rebrousse une seconde fois chemin pour des réparations à Brest où il arrive le 15 ; le Calvados vient en rade pour le transfert des bagnards et des soldats afin que le 17, le premier bateau soit réparé à l'Arsenal. 
Le mauvais sort s'acharne puisque le Navarin qui vient d'être percuté par un remorqueur doit prolonger le temps des réparations.



Ce n'est que le 25 janvier 1879 que les forçats rembarquent et que le 27, le voyage débute.
Les péripéties se poursuivent : un soldat blessé à la tête doit être débarqué à Ténérife le 5 février.
Un bagnard condamné à 22 ans de réclusion se pend avec la corde de son hamac ; le lendemain, un marin décède. Leurs corps sont confiés à la mer. Le 10 février, le bateau fait escale à Santa-Cruz, repart le 14 mais deux jours plus tard, nouvelle avarie : la flèche du mât d'artimon casse en entraînant la flèche du grand mât dont le paratonnerre tombe en mer. Une réparation est effectuée mais afin de préserver le mât d'artimon la vitesse du bateau est réduite ce qui rallonge le voyage. Le 24 février, un nouveau forçat décède et est immergé. Encore deux jours et voilà le passage de l'Équateur. À partir de là, "la croisière" se déroule sous de meilleurs auspices.


Une nouvelle vie sur l'île des Pins débute



En métropole, la Direction des colonies ayant besoin de femmes pour coloniser l'île, démarche les prisons pour susciter des volontaires.
En Bretagne, plus précisément en Ille et Vilaine, Marie Françoise HUE, domestique, célibataire de 31 ans,  originaire de Dol de Bretagne, condamnée à 5 ans de prison pour Infanticide, accepte la proposition.
Hébergées dans un couvent à Bourail sur l'île des Pins parmi des religieuses, les pénitentiaires y apprennent à devenir de "bonnes épouses". Le choix des maris revient aux religieuses qui veillent de près au bonheur des prétendants. 
Gilbert est particulièrement bien noté et son niveau d'instruction est excellent.

Le mariage est célébré le 28 janvier 1885 à Bourail ; Gilbert MORDEFROY-DANVAL dont le grand-père est décédé l'année précédente, vient d'avoir 40 ans et Marie Françoise n'en a pas encore 34.

thème de Marie Françoise HUE née le 22 juillet 1851 à 23 h 30 à Dol de Bretagne

Avant noël de la même année, un premier enfant naît : Cécile le 18 décembre
Un fils : Gustave naîtra trois ans plus tard suivi d'un troisième enfant : Eugène en 1890. (Marie Françoise a 39 ans passés).

Gilbert MORDEFROY-DANVAL a toujours nié avoir empoisonné sa première épouse.

En  1902, un soutien exceptionnel du Professeur CORNIL lui vaut une remise de peine.










Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr


La Belle Américaine

 BONJOUR,


Une Histoire singulièrement sordide...

Deux personnages ; Elle, blonde, mince, jolie....ou plutôt Jodi.




Jodi ARIAS est née le 9 juillet 1980 à Salinas en CALIFORNIE. Elle vient d'être engagée dans une société.
SOLEIL-PLUTON et MERCURE PLUTON sont en carré dans son thème natal.

Lui, c'est Travis ALEXANDER ; il est né le 28 Juillet 1977 à Riverside en CALIFORNIE ; il est orphelin de père,  mormon ; il est cadre dans une Société de Marketing au Service Juridique.

Ils se rencontrent lors d'une conférence en Février 2007 à Las Vegas, se plaisent....
La relation s'établit à distance dans un premier temps et pendant plusieurs mois ; malgré cela, il lui demande de se convertir à la foi mormone.
Jodi ARIAS n'est pas satisfaite de cette situation. L'éloignement lui pèse.


Leur relation est particulière, faite de brutalité, de viol, de fantasmes, de pornographie, de sodomie (selon elle) ; les pires choses sont dites sur l'intéressé qui aurait eu des pulsions déviantes.

Aux dires de la famille, c'est ELLE qui aurait un caractère jaloux.

Il y aurait eu des disputes, des larmes, une séparation....
LUI aurait entretenu de nouvelles relations.
ELLE qui en Avril 2008, tente de se rapprocher de cet ex.... alors qu'il aurait rencontré une nouvelle partenaire avec qui il devait partir en voyage au Mexique.

une des dernières photos de Travis ALEXANDER

C'est d'ailleurs, cette nouvelle conquête qui va le retrouver chez lui, dans sa douche....alors qu'elle l'attendait pour partir à Cancun.

Il gît dans sa douche, étranglé, lardé de 27 coups de couteau ; différentes blessures dans le dos, aux mains et à la gorge.....ainsi qu'une balle dans la tête.
L'agression a eu lieu 5 jours auparavant : le 4 juin 2008.
Dans sa machine à laver, on retrouvera une serviette ensanglantée, du linge et l'appareil photo cassé dont sont extraites les dernières photos.
Alors que s'est-il passé ce 4 juin 2008 ?
Il est 13 h 40, Jodi et Travis sont ensemble ; ils viennent de faire des photos très suggestives ; alors qu'il est dans la douche, elle continue de le prendre en photo. Il est nu, il est 17 h 29. Il semble ne plus apprécier, se met en colère ; elle fait tomber l'appareil ; il la poursuit....Elle prend une arme à feu sur l'étagère, il se jette sur elle ; elle tire. Elle plaide la légitime défense. Elle prétend ne plus savoir.
Le procureur n'obtient pas les réponses aux questions et pense qu'il a affaire à une manipulatrice.

Arrêtée le 15 juillet, elle est extradée le 5 Septembre vers l'ARIZONA. Elle plaide non coupable quelques jours plus tard. Elle affirme que deux individus sont entrés dans l'appartement et ont tué son ex-amant.
Dans une troisième version, elle affirme être victime de violence domestique.
Le procès débute 4 ans plus tard.
Lors de celui-ci, on apprend que Travis ALEXANDER avait signalé être traqué par Jodi ARIAS dont il avait peur.
Il n'a pas été prouvé qu'il s'est montré violent à son encontre ou qu'il avait un comportement déviant.

Les spécialistes présents au procès la décrive comme immature, souffrant d'un syndrome d'abandon  et de trouble de la personnalité.
Le procès très médiatisé s'avère difficile ; les contradictions, les démissions, les absences, les menaces et troubles de toute nature s'accumulent. Les frais du procès à charge des contribuables ont atteint des sommes astronomiques.
devenue brune, Jodi ARIAS durant son procès
Jodi est promise à la peine de mort compte tenu de la cruauté des actes. Elle l'évite de peu.
Condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
Elle a plaidé pour sa survie ; elle fait don de ses cheveux ; elle souhaite travailler en faveur de causes contre la violence. Une façon de positiver le carré SOLEIL-PLUTON.


Bonne Lecture

isalucy23@orange.fr

mercredi 10 mars 2021

PAIMBU ou "Pas Vu" ?

  BONJOUR,


Notre personnage de la photo est né le 13 février 1908 en Loire Atlantique, dans un petit bourg situé le long de la Vilaine : Massérac,  séparé du département de l'Ille et Vilaine par sa rivière.



Nous sommes en été 1932. Il vient de se faire interpeller pour meurtre.  Mais le jeune homme de 24 ans est un malin. Il a su se créer un alibi de taille qui a perturbé un temps....mais un temps seulement....les policiers de Rennes chargés de l'enquête.

Notre homme : Louis COUÉ est né le 13 février 1908 à 21 h à Massérac (44-Loire Inférieure) comme on peut le lire sur son acte de naissance (archives de Loire Atlantique) :





Avant cela, il leur a fallu explorer toutes les hypothèses, remonter le temps, refaire le chemin à l'envers, l'itinéraire de la victime, l'homme trouvé sur la route neuve, le chemin entre Plessix et le bourg. 

Joseph ÉTIENNE est un homme sympathique, propriétaire exploitant de 59 ans, il est marié et sa fille Marie qui vient d'avoir 18 ans vit encore chez lui. C'est un homme travailleur, robuste qui à peine marié a été rappelé par son pays pour se rendre au front, contre l'ennemi allemand, laissant derrière lui sa jeune épouse et ses deux jeunes enfants. De retour dans son village, il a beaucoup travaillé pour se bâtir à lui et à sa famille une vie tranquille. Affable, il n'avait aucun ennemi, aucun rival. Il a su nouer avec ses voisins et sa famille des liens d'amitié solides. 
Alors quand on a retrouvé son corps inerte sur le chemin creux,  ses poches fouillées, son portefeuille retrouvé non loin....on a d'abord pensé à un crime de rôdeur. Le coup porté à la tête avait été donné par derrière. Violemment.
Mais le butin était bien maigre, 5 ou 6 francs tout au plus.


Ce dimanche, il s'était levé tôt pour se rendre à la Première messe,  à pied il alla chez son beau frère à Rolland pour lui acheter du foin pour ses bêtes, il y passa une heure puis s'en retourna, sur le chemin il croisa quelques bons copains, des connaissances avec qui il resta bavarder encore un peu...C'était Dimanche, jour de repos, il profitait de son temps libre. L'après-midi passa ainsi. Vers 19 h il fit un bout de chemin avec le père ROQUET près de Laspé, croisa le chemin d'un vieux camarade de classe : François ÉTIENNE. Le père ROQUET les quitta quand il fut question d'aller boire un verre chez François à Goisbeaux...Après la chopine, Joseph ÉTIENNE reprit la route du retour,  en utilisant le chemin de servitude longeant la voie ferrée ; en arrivant au Plessis, il semble n'avoir été vu de personne ; la soirée était bien avancée ; 22 h sonnait quand il atteignit... sans doute... la route neuve. 

Sa femme et sa fille s'inquiétaient bien sûr mais c'était Dimanche...Il avait du traîner un peu. Elles ont hésité à aller se coucher, sont restées au coin de la cheminée. Il n'allait plus tarder. Mais quand l'aube se leva, elles décidèrent d'aller au devant de lui puis après avoir parcouru un kilomètre, revenaient à la ferme, repartant dans une autre direction, revenant sans l'avoir croisé...

C'est son ami Emmanuel LAISNÉ, hélé par deux jeunes filles qui venaient de découvrir le corps du fermier étendu au milieu du chemin, qui hissa sur sa brouette l'homme blessé et le ramena à sa ferme dans la matinée.

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LION, Joseph Marie ÉTIENNE  est né le 21 juillet 1872 à 4 h du matin à Massérac (44)

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Durant 48 heures, Joseph ÉTIENNE tenta de répondre aux questions posées....Qui ? Qui t'a fait ça ?    Un mot revenait "c'est....Paimbu"  que certains interprétèrent par "sais pas..pas vu"....!

PAIMBU, c'est le village de Louis COUÉ, connu pour ses frasques. C'est également Louis COUÉ qui l'année passée est venu demander au Père ÉTIENNE, la main de sa fille.....Unique fille que Joseph ÉTIENNE n'avait certes pas envie de voir tripotée par un malotru....cette espèce de dégénéré qui de surcroît aurait hérité par la suite de ses biens....NON...! la réponse du père avait été définitive.

Les policiers pensaient tenir leur homme mais ce dernier avait un alibi, il était dans le train pour se rendre à Rennes.....Mais ! renseignement pris sur le trajet du train indiqué ....un arrêt de 40 minutes avait eu lieu non loin du lieu de l'attaque.  

Interrogé avec empressement, Louis COUÉ finit par avouer qu'il avait rencontré le père de sa dulcinée sur le chemin, qu'une altercation eut lieu, qu'il porta de violents coups au vieil homme qu'il délesta du contenu de son portefeuille avant de sauter dans le train de marchandises qui repartait vers Rennes, se donnant ainsi un alibi.

En 1932, plus d'envoi vers le bagne...plus de guillotine non plus...Alors dans quelle prison a-t-il purgé la peine que le Tribunal lui infligea...Qu'advint-il de lui durant la Seconde Guerre ? 


Bonne Lecture,


isalucy23@orange.fr


Jehanne D'ALCY star de 1865

 BONJOUR,


On parle assez peu du Cinéma Français du siècle dernier....Charlotte FAÈS  est l'une de nos stars, sous le nom d'artiste de Jehanne D'ALCY
Jehanne d'ALCY star du Cinéma Français née en 1865

Jehanne D'ALCY  - Charlotte FAÈS est née le 20 mars 1865 à VAUJOURS (Seine et Oise) à 17 H





On note un manque de signes d'EAU d'où une carence en EAU.
Quand les éléments d'EAU sont absents du thème natal, on parle de carence en EAU qui se traduit généralement par des difficultés dans l'expression de ses sentiments et un possible manque de compassion.
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Elle est l'aînée d'une famille nombreuse (6 soeurs dont deux décéderont jeunes et 3 frères) ; le père est comptable et la mère employée. 
Elle même débute en tant que demoiselle de magasin ; 
Elle se marie -sous contrat- avec un jeune homme de l'Yonne, Gustave MAMIEUX, de 29 ans, alors qu'elle est mineure (20 ans) ; mais le couple va être brisé par le destin, Gustave MAMIEUX meurt le 22 janvier 1887, soit moins de deux ans après leur mariage.

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 Georges MÉLIÈS, fils d'un industriel de chaussures ; il a appris la mécanique auprès de son père, a séjourné chez un ami, en Grande Bretagne pour parfaire son anglais et en a profité pour apprendre l'art de la prestidigitation. 
À son retour en France, en 1885, il a épousé une jeune orpheline de 14 ans, bien dotée par la famille amie de la sienne. 

Doué en dessin, il occupe un poste de journaliste caricaturiste dans le journal d'un cousin tout en participant à des numéros de magie dans les brasseries parisiennes. 
Il a réussi à racheter en 1888, le théâtre HOUDIN et propose à son tour des spectacles d'illusion.

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Charlotte FAÈS  (qui est veuve) fait partie des opérateurs de scène avec son père 

Elle a choisi un art moins dangereux dans lequel excelle sa jeune soeur : Jeanne, "demi-siphon", danseuse de french Cancan au Moulin Rouge 
La Goulue a inauguré à l'Olympia cette nouvelle façon de danser le 12 avril 1893.
Jeanne qui s'est lancée dans cet "Art" qui attire tant d'étrangers sur la capitale,  mourra en faisant ses acrobaties (jugées indécentes et violentes par la Presse qui relate l'événement), le 12 Novembre 1893. Elle avait 25 ans. 

En 1895, à PARIS, les frères LUMIÈRE ont donné une représentation publique du Cinématographe. Ils ont été nombreux a participé et à être subjugué par cette invention. L'un d'eux, Georges MÉLIÈS propose même d'acquérir le brevet mais il devra se rabattre sur un modèle britannique avec lequel il fera son premier film, avec la Sté qu'il vient de créer : Star Film




cendrillon













Charlotte FAÈS débute au cinéma en 1896 dans le manoir du diable....
(https://www.youtube.com/watch?v=SQ0IgWEe2m0)

À raison d'environ deux films par an, elle tournera jusqu'en 1903, à 38 ans.

En 1913, l'épouse de Georges MÉLIÈS décède ; 
il reste seul avec 2 enfants à sa chage : Georgette, 15 ans et André, 2 ans. 
Sa situation financière est rendue inconfortable par les problèmes de succession. 
La guerre éclate et le Théâtre ferme dès le début des hostilités. 
Il transforme le Studio de Montreuil en scène de théâtre où seront donnés des spectacles. 

Charlotte, elle, a ouvert une boutique  Gare Montparnasse où elle vend des jouets et des sucreries. 

En 1925, Georges MÉLIÈS, 64 ans,  épouse -avec contrat- Charlotte FAÈS, 60 ans. 

Ensemble, ils s'occuperont du commerce de bonbons.

Cinq ans plus tard, Georgette MÉLIÈS,  sa fille, en tournée en Algérie, a contracté une maladie pendant une tournée théâtrale ; elle décède à 42 ans mais elle laisse derrière elle, une petite fille de 7 ans : Madeleine qui va être recueillie par le couple, avant d'être prise en charge par la famille paternelle.

En 1932, Georges MÉLIÈS s'installe en Maison de Retraite du Cinéma au Château d'Orly en compagnie de son épouse,  Charlotte. 

Au début de l'année 1938, Charlotte FAÈS perd son second mari, atteint d'un cancer 


Charlotte FAÈS décèdera à VERSAILLES, le 14 Octobre 1956.



Bonne Lecture,


isalucy23@orange.fr

Le cureur de puits Théodore MILLOT

  BONJOUR,

Voici : Théodore MILLOT, la trentaine maintenant... doté d'une barbe rousse fournie et d'une longue tignasse, il a fait deux années dans le régiment des Zouaves durant la guerre de Crimée. Alors les surnoms affluent : "le grand rouquin", "le Zouave",...

Son métier actuel : cureur de puits (SOLEIL-PLUTON conjoint) mais il peut aussi faire des travaux de maçonnerie.

Il est marié depuis peu (1856) avec une lingère ; il a reconnu l'enfant qu'il lui a fait deux ans auparavant alors qu'elle était mineure. Il est vrai que depuis que ses parents sont décédés (1855) peu après celle de son frère aîné (1852) il s'est trouvé bien seul. 

Depuis la lingère est devenue éleveuse de volailles.....ça nourrit son monde !

Mais notre homme est malhonnête et après quelques méfaits, quelques vols, on le retrouve durant l'hiver 1859 en cellule. C'est sa 5ème condamnation.

Il recouvre donc la liberté au début février 1860 ; huit jours avant les faits, le garde champêtre se souvient l'avoir surpris dans le bois face à la tuilerie de Chemeteau ; un autre se rappelle l'avoir vu à Fossoy, le 11 février, dans une auberge à l'heure du déjeuner puis dans l'après-midi chez le maréchal ferrant ; lors de leur conversation sur l'horrible crime de Fontainebleau datant de quelques semaines déjà, son intervention avait choqué. 

Un fermier de Saint SÉROTIN l'a trouvé dans sa grange, le 13 février, couché dans son foin.

Le 16 au soir, le limonadier de Voulx, COLLIN, se souviendra qu'il lui manquait un couteau bien effilé après son passage dans son auberge.

Le 17, Théodore MILLOT déjeune chez le Sieur ROUSSELOT à Thoury Férottes ; avant son départ, il demande une bougie, une chandelle qui doit lui servir à graisser ses pieds gelés lors de la guerre à laquelle il a participé.

Madame CLERET qui a eu à faire avec l'homme, l'année précédente, pour curer son puits s'était faite plumer comme un pigeon par notre rouquin. Depuis une semaine, son chien qui habituellement dort auprès d'elle dans la chambre, l' importune par ses aboiements incessants ; elle prend donc la décision de se priver de sa compagnie et l'attache dans une écurie, loin de la maison.

Le 18, il fait un bout de chemin avec un sieur BOUCHOT qui le conduit à Vallery, en fin d'après midi.

Dans la soirée, il croise un couple et n'y prête pas attention.....La femme (du garde particulier) l'a reconnu ce grand rouquin. Tout comme Sally MacKeone qui indisposée est sortie prendre l'air dans le jardin du presbytère.

Alors quand le 19, au matin, les MARQUIS, inquiets de ne pas voir leur patronne Clotilde CLÉRET s'affairer à l'étage de sa maison,  vont s'aventurer dans la demeure de la vieille dame et découvrir le "bazar" ....un nom déjà court sur les lèvres....MILLOT.

 Ils iront rapidement chercher du secours auprès de voisins et prévenir les autorités

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Éléments : EAU M.C.et ASC+ 3  soit 5       FEU 3  TERRE 2   AIR 2 




Nous avons là un affabulateur, un inventeur de faits,....Il a réponse à tout, ne se laisse jamais surprendre par une question.....Ce n'est pas un conteur...C'est un menteur, un voleur, un escroc.

NEPTUNE y est certainement pour beaucoup : 

SOLEIL carré NEPTUNE-LUNE carré NEPTUNE-ASC opposé NEPTUNE- MC POISSONS-

On dit de lui qu'il est "la terreur du canton" 

MARS carré PLUTON - SOLEIL BÉLIER conjoint à PLUTON - MARS opposé à l'ASC.

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La femme MARQUIS qui vit avec son époux (contremaître) au rez-de-chaussée de la grande bâtisse, est montée la première chez sa patronne, Mme CLÉRET. 

L'échelle dressée contre la façade sous la fenêtre de la cuisine du premier étage laissée grande ouverte l'a interpellée. 

En voyant le désordre de la pièce, son sang s'est glacé. La veuve dans sa chemise de nuit gît au pied de son lit au bas duquel on remarque une bûche de bois ; des tiroirs sont déposés sur les draps. La vieille femme est encore couverte du bonnet de nuit maculé de sang, Son visage est violet et tuméfié. Son cou porte des traces de strangulation. 

Une deuxième échelle est adossée au poulailler. Des traces de pas sont bien visibles dans la neige, ce matin-là. Cela suppose que l'individu -un seul- s'est échappé de la propriété en grimpant sur le toit et en sautant le mur de l'enceinte.


Les gendarmes chargés de l'enquête et arrivés promptement sur les lieux, étudient avec sérieux tous les éléments : 
  • traces de pieds -nus-dans la maison -pour ne pas faire de bruit-
  • 2 allumettes chimiques et une large empreinte de suie -laissée par la chandelle-
  • des traces de sang sur le plancher de la cuisine, du corridor et de la salle à manger -l'assassin s'est blessé- 
  • le secrétaire dont les planches du fond ont été brisées, semble être le seul meuble ayant attiré l'attention du ou des voleurs
  • le carnet de comptes de la veuve CLÉRET permet d'évaluer le montant du vol : 220 frcs
  • aucun bijou, ni objet de valeur n'a été dérobé.
  • près du lit, on a approché un vieux fauteuil, une chaise de bois sur laquelle on a entassé papiers et chiffons et on y a mis le feu..... la paille de la chaise a brûlé,  le rideau du lit s'est consumé mais on ne sait par quel concours de circonstances, le feu n'a pas pris au reste de la pièce....
  • On trouve à proximité de la propriété un couteau qui ressemble fort à celui volé au limonadier de Voulx.

Théodore MILLOT est rentré chez lui dans la matinée. Les voisins ont remarqué sa pâleur et son accablement. Il se plaint de fièvre et ne peut avaler le moindre aliment que son épouse lui a préparé. Il met cet état sur le compte d'une dans un puits de 17 pieds de profondeur.
Quand les policiers viennent l'interroger, ils notent que son front et ses mains portent des marques de griffures....Il dit avoir tué des poulets pour son épouse....mais on ne trouve pas trace de poulets préparés.
La nuit ...il l'a passée dans une auberge d'Égreville, à 30 kms de là, sans pouvoir préciser laquelle, et assure être rentré en voiture jusqu'à Montereau puis avoir fini son trajet à pied. L'enquête auprès du chauffeur et des passagers démontrera qu'il n'était pas là ce 19 février.

Interrogé à son tour, le propriétaire des lieux déclare aux gendarmes que MILLOT, son locataire, s'est acquitté ce matin-là, d'un arriéré de loyers : 73 francs.
On retrouve au domicile du cureur la somme de 182 francs. Agnès VEAU, l'épouse, éleveuse de volaille, prétendra avoir eu 35 frcs de son commerce. 
Pour les gendarmes, le compte est bon : 182 frcs + 73 frc de loyers - 35 de ventes  = 220 frcs volés

Agnès VEAU dira avoir reçu de son époux un petit porte-monnaie en peau de daim avec fermoir en acier....Celui-là même qu'Henri HATHIER, petit fils de Clotilde CLÉRET, a offert à sa grand-mère. Le jeune homme précisera qu'une petite tâche d'encre est visible sur le cuir. 
Vérification faite, il s'agit bien du présent.

MILLOT s'empêtre dans ses déclarations : faux alibis, explications alambiquées, ...
Présenté devant un Juge, il simule la folie....
Les médecins chargés de l'examiner concluront que l'homme est parfaitement lucide et même s'il persiste à nier, son procès aura bien lieu six mois plus tard.

La Justice traite donc de l'affaire devant les tribunaux de SENS, les 27 et 28 août 1860 ; le travail de l'avocat de la défense est difficile. Un récidiviste, un crime monstrueux, ...des charges à remettre en cause.
Le couperet tombe  et pourtant Théodore MILLOT reste persuadé que sa peine sera commuée...

Il se fait bien à la prison, il se nourrit bien, prend de l'embonpoint. 
Un mois plus tard, on le convie à quitter la cellule pour....SENS ou PARIS ?  Il grimpe donc confiant dans une voiture cellulaire en direction de la maison d'arrêt. Il remarque bien la foule agglutinée sur les trottoirs.

À l'aube du mardi 2 octobre 1860, le greffier lui signifie 
  • le rejet du pourvoi, 
  • le refus du recours en grâce, 
  • l'application de la peine.......la peine de mort.

On eut recours à plusieurs officiers pour calmer l'homme déchaîné, sujet à une crise d'une rare violence.
C'est prostré, qu'il fut porté à bord de la charrette dans laquelle avaient pris place les ecclésiastiques. Au pied de l'échafaud, il semble bien qu'il se soit évanoui. Sous la lame, le BÉLIER donne l'impression de se débattre.

La foule, elle, frissonne.





Bonne Lecture, 

(cette histoire fait partie des affaires criminelles évoquées dans le livre d'Alain DOMMANGET)


isalucy23@orange.fr

La ferme rouge de JULLY

  BONJOUR,


1909 lundi 13 décembre, à JULLY, une foule immense accompagne 3 chariots à travers le hameau des Forges jusqu'au hameau de la Maine où se trouvent l'église et le cimetière où va se tenir une émouvante cérémonie.


Ce jour-là, on enterre un couple de fermiers, leur servante, le valet de ferme et le garçon de culture.

Trois jours plus tôt, ils ont trouvé la mort dans la ferme au Château qui deviendra bientôt : la Ferme Rouge.



Charles VERRIÈRE est né le 4 Novembre 1870 à Jully à 19 h



il a épousé Marie Émelina Ambroisine PERDU en 1899 à Bierry les Belles Fontaines.

Marie Émelina Ambroisine est née le 29 Novembre 1870 à ANNOUX à 14 h




Le couple d'agriculteurs vit dans la ferme au hameau  des Forges, un ancien château ; ils sont les parents de 3 filles et un garçon : 


Solange (1900) Renée (1901) Olympe (1903) Olivier (1904)


Dans cette ferme, ce 10 décembre 1909, vers 18 h, un drame se joue et c'est Louis IMBERT, 16 ans, domestique, seul rescapé qui donnera l'alerte en se réfugiant -tout ensanglanté- au hameau de la Bergerie, auprès du couple SARDIN à qui il racontera le grand malheur....


Louis SARDIN, Paul DIDIER son voisin, Paul BONNAMY le maréchal ferrant furent les premiers à se rendre sur place et à découvrir la scène de carnage.


Dès le porche d'entrée, ils trouvèrent allongé sur le sol, dans une mare de sang, le jeune garçon de culture, Henri BONNY , 14 ans, dit "le petit cabot", la tête fracassée. (la petite croix blanche à gauche de la carte postale signale où le corps fut trouvé)


En montant en direction de la maison, sur le chemin, une autre victime la tête "en bouillie" fut trouvée. Il s'agissait du valet de ferme italien : RUSCONI, 74 ans,  tué de plusieurs coups de hache.




À gauche, de la maison, à côté de la citerne, une mare de sang encore plus grande que les autres, 



sur la margelle un couteau ensanglanté, et la jeune servante de 22 ans : Marie GOGUET, la gorge tranchée a été jetée dans la citerne d'où on l'extraira.



D'étape en étape, les 3 hommes découvrent les victimes..Mais où sont les VERRIÈRE ?

Dans l'écurie, on retrouve Charles VERRIÈRE, 39 ans ; une balle dans la nuque a traversé la moëlle épinière et s'est logée dans la langue. Il est mort sur le coup.


Ramenée dans la maison, son épouse, Marie Émelina PERDU, qui a pris une balle au-dessus de l'arcade sourcilière ; celle-ci s'est logée dans le cerveau. Elle a été atteinte à la gorge par une seconde, ce qui a entraîné une forte hémorragie pulmonaire. Mais elle est encore vivante. 



On l'a transportée à l'intérieur de sa maison, on l'a allongée sur son lit, elle a encore le courage de demander à voir ses enfants. Le petit Olivier recevra le dernier baiser de sa mère. Elle agonisera encore une heure.

Les 4 enfants apeurés sont restés près de la cheminée à attendre leurs parents qu'ils ont vainement appelés ; Ils sont indemnes.

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Il fait déjà nuit noire quand les autorités, alertées, arriveront sur les lieux....  ainsi qu'une flopée de journalistes, reporters et photographes  ; l'histoire sera relatée grâce au témoignage du jeune rescapé....et un portrait robot des deux assassins sera diffusée très largement afin qu'ils ne quittent le pays. Les battues à travers la campagne ont déjà commencé.



D'origine suisse, Joseph JACQUIARD, 16 ans, 1 m 60, châtain presque imberbe et Joseph VIENNY, 14 ans, 1 m 48, châtain, employés à la ferme avaient programmé leur méfait en vue de délester leurs patrons ; ils avaient également envisagé leur fuite....La peur les a rattrapé....ils n'ont rien pris, pressés de fuir. Ils se sont saisis des bagages préparés auparavant et ont courus à travers le parc. Mais dans leur empressement, leurs carton et valise se sont ouverts, abandonnant sur leur chemin quelques objets.

Après avoir traversé la route de Laignes, ils suivront le bois et y abandonneront leurs bagages. Dans leur affolement, ils ne se sont pas aperçus qu'ils étaient revenus sur leurs pas. Ils reprendront leur course en direction de Sennevoy le Haut, une plaine, une forêt, ils arrivent près de Paisson, Pimelles où ils demandent à une femme de leur acheter une miche de pain en lui laissant 20 sous. JACQUIARD part acheter des allumettes chez le buraliste, ils s'en serviront pour allumer un feu et tenteront de prendre un peu de repos, couchés sur une meule de foin. Le lendemain, à Ancy le Libre, le même JACQUIARD va s'acheter des sabots dans une auberge épicerie avant de suivre le canal par la rive droite. 


Le dimanche 12, la nouvelle du carnage a été répandue dans toute la région et au-delà. Le garde champêtre, Joseph LECHTHALER, 77 ans, dit "le Tyrolien" est aux aguets depuis plusieurs heures quand il voit arriver, venant du bois, deux jeunes lascars qui sont dans l'incapacité de leur fournir des papiers. Pointant son fusil vers eux, il les enjoint de le suivre sans résistance jusqu'à la mairie.




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Une récompense fut attribuée aux 2 courageux citoyens : Joseph LECHTHALER et Louis IMBERT, le jeune rescapé,  par le préfet de l'YONNE, au nom du Ministre de l'Intérieur.

Quant aux deux auteurs des crimes, ils furent présentés devant la Cour de Justice en juin 1910. Un piquet de soldats du 4ème de ligne était déployé pour éviter un lynchage.


Le plus vieux écopa de la peine de mort alors que l'autre fut condamné à 20 ans de détention. Mais le Président FALLIÈRES leur accorda une grâce et les peines furent considérablement allégées. 

Richard Joseph JACQUIARD obtint perpétuité dans un bagne ; il embarqua sur le Loire en décembre de la même année et 7 ans plus tard, décéda  (3 septembre 1917) aux îles du Salut en Guyane. 

Quant au second ???....


Bonne Lecture,


isalucy23@orange.fr







à VAUGOURET

  BONJOUR,


Au Sud-Ouest de Pont-sur-Yonne, se trouve le hameau de Vaugouret, où vit la famille DESPIERRE depuis que le père de famille, avec ses deniers propres, comme il se plaît à le dire, a fait l'acquisition d'une petite bâtisse où il vit entouré de sa femme Prudence et ses 3 enfants : Eugène, Alice et Louise.....


En fait quand je vous dis qu'il vit là avec ses enfants et son épouse Prudence ..c'est quelque peu erroné !


D'ailleurs Prudence n'est pas Prudence ; c'est Honorée Prudence SAINTON. 

Elle est née à Pont-sur-Yonne le 2 mars 1864 à 2 h du matin dans une grande famille de 9 enfants. 


Avant ses 20 ans, elle a épousé Firmin Jean Charles DESPIERRE ; il est né le 30 août 1858 à Brannay à 15 h. sous le signe pointilleux et organisé de la VIERGE, le signe opposé donc possiblement complémentaire du sien.


Honorée Prudence  est une jeune femme considérée comme douce, gentille, courageuse, intelligente ; travailleuse, elle et son époux occupent des emplois saisonniers quelque peu précaires. Comme Firmin ne boit pas, il est apprécié pour son efficacité, (VIERGE, SOLEIL trigone PLUTON) son courage mais pas pour son caractère...On le décrit comme peu causant, renfermé voire même sournois.....et particulièrement avare..."d'une avarice difficilement imaginable", dit-on. 

Ils n'ont pas quitté Pont-sur-Yonne et au bout de quelques années, Firmin a été en mesure d'acheter une petite maison pour y loger sa famille qui désormais se composait d'Eugène (Léon l'aîné n'ayant pas vécu), Alice née 4 ans plus tard, et enfin la petite Louise qui a hérité de la fragilité de sa mère.



En effet, la santé d'Honorée a été mise a rude épreuve d'autant que son époux lui refuse les soins nécessaires. Ses principes sont clairs : il paie le boulanger, l'épicier et le docteur ; elle doit assumer les frais de boucherie, les achats nécessaires à la confection de vêtements, les médicaments....chaque achat est contrôlé. Et souvent le ton monte ; il est même arrivé que les coups pleuvent sur Prudence.

Firmin est très irritable (SOLEIL carré MARS, MARS-URANUS opposés ;  MARS est au demi-carré de celui d'Honorée.)

Dans une telle ambiance, les deux aînés du couple ont vite compris l'intérêt de se chercher un emploi bien rémunéré et de s'éloigner de ce père si peu aimant qui dans ces moments-là, crie à tout va qu'il n'en a que faire de sa femme et des enfants...qu'ils peuvent bien s'en aller.

Eugène a répondu a ses obligations militaires, il occupe un poste d'employé au Bon Marché à PARIS. Il s'y est marié en 1909 ; seule Alice, sa soeur, qui avait trouvé un emploi de domestique dans la capitale, y assista.  Sa tante Julie, la soeur aînée de sa mère était là aussi. Ses parents se sont évités les frais de notaire en faisant parvenir leur consentement déposé en Mairie. 

Cependant Eugène ayant contracté une fièvre typhoïde a du, sur les conseils de son médecin, revenir se rétablir à la campagne. Au printemps 1910, il s'installe chez ses parents à qui il verse une pension pour couvrir les frais de sa venue. Là, il fut témoin d'une scène qu'il décrira plus tard à la barre du Tribunal : sa mère souffrait d'un abcès, elle devait avoir recours au médecin ; son père s'opposa à la venue du toubib. Le voisin M. CASSEDANNE dut aller le chercher.

Eugène, dès lors, jugea nécessaire de se trouver un logement ailleurs. 
Dans le même temps, sa mère consciente du caractère égoïste de celui qu'elle avait épousé, prit des dispositions pour qu'une action en séparation soit intentée. 
Depuis 5 ans déjà, Firmin et Prudence faisaient chambre à part. 
Ce "fameux" soir, il avait menacé Prudence qui refusait de lui laisser la totalité des revenus de son labeur. 
Il s'était montré si violent que la décision de dormir désormais aux côtés de sa petite Louise s'imposait. On apprendra par la suite que Firmin détenait sur un compte la somme de 8 000 frcs d'économie alors que son épouse Prudence n'avait réussi à économiser que 600 frcs sur son livret d'épargne.

Eugène prit donc des dispositions pour louer une petite maison à St SÉROTIN où sa mère travaillait déjà auprès de Mme DUFAUD, la couturière. Lui, y logerait pendant ses congés et sa mère y vivrait au calme avec Louise. 
Prudence, préparait son départ. 
Elle avait rempli une malle de son linge et de celui de sa fille. La malle avait été déposée chez l'épicière, Mme Marie BARDOT, une amie. 

Alors Firmin fit paraître une annonce dans la presse, l'Union de l'Yonne, dans laquelle, il déclarait ne plus répondre désormais des dettes (achats) de son épouse. 

Prudence fut vite rassurée par le Juge de Paix qui lui conseilla d'avertir les commerçants que pourvu qu'ils ne lui livrent que le strict nécessaire à l'existence de sa fille et d'elle-même, les notes seraient honorées par son mari -cette insertion dans les journaux ne suffisant pas à exonérer Firmin de ses obligations légales envers sa famille-.

Le Dimanche 10 septembre 1911, Honorée Prudence rendit visite à sa fille Alice à l'Hôtel des Voyageurs. Alice la trouva triste et un peu inquiète. Louise était restée à jouer avec son amie Justine CLERGET ; les deux fillettes aperçurent Firmin entrant dans la maison. Il n'avait pas prêté attention aux deux gamines, pressé qu'il était de vérifier la note que l'épicier lui avait envoyée. Il avait retourné tous les tiroirs des meubles mais n'avait pas pu mettre la main sur le livre de comptes.

Il quitta la maison et se rendit chez sa belle-soeur par alliance, Claire DUCHAT l'épouse de Joseph Honoré SAINTON. Depuis sa "séparation" d'avec son épouse qui refusait désormais d'entretenir son linge, il déposait ses effets personnels chez Claire. Il savait pertinemment que les deux femmes n'entretenaient pas de bons rapports. C'est donc auprès de cette dernière qu'il s'épancha, qu'il répandit son fiel, sa colère....Mais il parlait si fort que sa voisine, Pauline LAFOND entendit quelques bribes de cette conversation : 
        - C'est au bout, il faut que ça finisse !"

Pauline LAFOND tenta bien d'avertir Prudence d'un danger, elle ne trouva que Louise à qui elle confia la mission d'alerter sa mère...mais Prudence avait pris du retard dans son labeur et dut se rendre chez son voisin M. CASSEDANNE pour la traite des vaches. Elle rejoint son époux pour l'heure du dîner auprès de leurs employeurs ; Firmin ne dit mot. Prudence et Louise rejoignirent la maisonnée après la vaisselle. Elles se dévêtirent et s'apprêtaient à se coucher quand Firmin vint lui réclamer le carnet de comptes. Prudence répondit qu'il était dans le tiroir de l'armoire et qu'elle n'y avait pas touché....Quand Firmin dit à son tour :
        - C'est un malheur si je saute sur toi !

Dans le même temps, il lui asséna un grand coup de poing dans l'estomac ce qui fit chuter la mère de famille sur le dos. Firmin saisit son épouse par les cheveux et la traîna à l'extérieur de la maison. 
Louise tenta de s'interposer mais elle fut projetée dans le chambranle de la porte. Dans la cour, il se saisit d'une branche de cerisier prise sur le tas de bois et asséna un coup sur la tête de la mère de famille. Couchée sur le ventre, Prudence se plaint de la douleur ressentie. Un second coup puis un autre et encore d'autres mirent fin à ses plaintes sous les yeux de la petite Louise en pleurs, hurlant dans la nuit : "Au Secours".

C'est Mme CLERGET qui l'entendit et qui, devant le corps sans vie de sa voisine, courut chercher M. CASSEDANNE. 
Les choses s'enchaînèrent très vite.
Louise fut écartée du spectacle de sa mère qu'elle voulut embrasser ; les gendarmes arrivèrent et firent les premiers constats. 
"On aurait dit un forgeron sur son enclume" dirent les témoins pour expliquer la façon dont Firmin DESPIERRE s'acharnait sur sa malheureuse épouse.

On retrouva la trace du meurtrier chez sa mère à BRANNAY en compagnie de son frère : Narcisse et de son neveu. Il s'était changé, avait déposé ses vêtements souillés de sang chez sa "blanchisseuse"... Claire SAINTON. C'est affalé dans un fauteuil que les gendarmes le cueillirent.

Le procès se tint quelques mois plus tard ; le jury essentiellement masculin lui trouva des circonstances atténuantes. 

C'est sur le "Loire" qu'il partit effectuer sa peine de 12 ans de Travaux Forcés en GUYANE. 

Il bénéficia d'une année de remise accordée par le Président de la République...mais cela ne suffit pas à le faire revenir. Il décéda sur les îles du Salut en 1922, le 12 mars.







Bonne Lecture,

isalucy23@orange.fr