dimanche 15 mars 2026

TOMBELAINE

 BONJOUR, 

La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs 
a des reflets d'argent
des reflets changeants
sous la pluie.

Ce 24 juillet 1933, 3 jeunes de Parigné (Ille et Vilaine) sont partis tôt, à bicyclette, avec beaucoup d'entrain vers Tombelaine, un îlot éloigné d'environ 3 kms du Mont St MICHEL. La grande marée a permis son accès car la mer s'est retirée bien loin ; nos excursionnistes s'y rendent alors que les nombreux pêcheurs présents ce jour-là leur assurent qu'il est déjà trop tard pour l'atteindre et pouvoir, sans risque, en revenir.  

Les gens là-bas, ont encore en tête le souvenir d'une journée tragique (1er octobre 1932) où une famille normande fut décimée ; 5 personnes perdirent la vie, en se noyant à une centaine de mètres des portes du Mont St MICHEL .

Mais nos jeunes aventuriers n'ont que faire de ces recommandations et continuent en direction du rocher. 
Ainsi, sans méfiance, ils en oublient le temps qui passe. 

Ce 24 Juillet, nous avons ces 3 excursionnistes téméraires :

Il s'agit d'Henri GRATIEN (18 ans- commis épicier), de Joseph LEFÈVRE (qui vient de fêter ses 21 ans et se prépare à faire son service militaire), d'Émile COQUEMONT (22 ans, granitier).

Émile COQUEMONT a bien entendu les recommandations des pêcheurs. Il connaît le grondement caractéristique de la marée montante. Il a averti ses compagnons du danger. Il s'est arrêté, a fait demi-tour et a hâté le pas, suivant les pêcheurs, espérant que ses amis allaient en faire tout autant. Il sera le seul du trio à atteindre le Mont St MICHEL. Du haut des rochers, il suivra la progression de ses deux camarades se débattant, à grands gestes de désespoir, dans les flots. 
La peur ne le quittera pas en voyant l'eau monter sensiblement autour d'eux sans qu'on puisse encore traîner le canot de sauvetage et quand ce dernier put atteindre la mer, les sauveteurs cherchèrent les deux imprudents. 
À la marée descendante, il faisait nuit déjà et malgré la présence de nombreux montois, les recherches restèrent vaines. Émile n'a pas attendu, il a repris sa bicyclette et est rentré à PARIGNÉ, avertir la mairie, le recteur et les familles de ses amis. 



Les deux corps seront retrouvés, bien plus tard, au Grouin du Sud et déposés à St Léonard.

 
Joseph né le 29 juin 1912 (18 H) à Parigné (35)
Ce 23 juillet, NEPTUNE (8°)VIERGE au demi-carré de sa position de naissance est au sextile du SOLEIL natal. 
Le SOLEIL est en opposition à URANUS natal et sextile à SATURNE natal. Le SOLEIL ce jour-là est au carré d'URANUS (27° BÉLIER en Maison 4) URANUS est d'ailleurs dans l'orbe d'un carré à NEPTUNE natal et à URANUS natal.
PLUTON (23° CANCER) a transité la conjonction MERCURE-NEPTUNE, en Maison 8.  
SATURNE (r) est en VERSEAU (14°) dans l'orbe d'une opposition à MARS natal.(19°23)
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Au journaliste présent, la famille GRATIEN va confier une ancienne photo de leur fils : Henri, prise le jour de sa communion.

Né le 4 mai 1915 (15 h) à Parigné (35)
PLUTON (23° CANCER) est en Maison 10, en opposition de la LUNE Natale, en Maison 4.
SATURNE (r) 14° VERSEAU a transité URANUS natal en Maison 5 au carré du SOLEIL natal TAUREAU (13°). 
Ce jour-là MERCURE (r) conjoint à la LUNE en LION, en Maison 11, est au carré  du SOLEIL natal en Maison 8. 
JUPITER et NEPTUNE en VIERGE sont en Maison 12. JUPITER (20°) est en opposition à sa position de naissance
URANUS est en Maison 8 (27°23 BÉLIER) au carré de NEPTUNE natal (27°..) - 
MARS (9°26) en BALANCE est en opposition de VÉNUS (maîtresse du signe natal TAUREAU).


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Né le 15 avril 1914 (6 h) à Parigné (35)
PLUTON (23°12) en CANCER vient de transiter la conjonction natale MARS-NEPTUNE ; il est également au carré du SOLEIL natal (24° BÉLIER) Ce qui va le contraindre à supporter de funestes moments, des situations sombres, morbides. URANUS a déjà transité le SOLEIL natal quelques mois plus tôt et a augurer un carré à NEPTUNE natal. 
SATURNE (14°) rétrograde en VERSEAU transite la conjonction natale : URANUS-JUPITER,
 MERCURE conjoint à la LUNE est en opposition d'URANUS natal et carré à l'ASC. 

Émile aura été bien inspiré de suivre les conseils des anciens mais il aura eu la douleur de voir sous ses yeux, disparaître ses deux amis. Au lendemain de cette noyade, la Presse le retrouve sur son lieu de travail qu'il a repris malgré son chagrin.

Bonnes Recherches,
isalucy23@orange.fr

De Saint SIMON à Saint LAURENT

 BONJOUR,

ROUCHET Jean Pierre est né sous le signe de la VIERGE le 27 août 1878 (18 H) à VELZIC dans le CANTAL.


Un stellium (amas de 4 planètes) en VIERGE, en Maison 7, et 3 autres planètes sont en signes de TERRE (TAUREAU : 2 et CAPRICORNE : 1) ce qui fait qu'il y a une Dominante TERRE (7). Possessivité. 
Le FEU (MC SAGITTAIRE) (SATURNE en BÉLIER)(VÉNUS et LUNE en LION) soit 4
un peu d'AIR (ASC VERSEAU : 1) 
et une carence en EAU : 0

JUPITER le Maître du MC est en Maison 12.
MERCURE Maître du signe natal est en opposition de SATURNE

MERCURE sur le 26° VIERGE : Un arbalétrier lance une pierre à l'aide d'une fronde et, devant lui, posées à terre, sont deux épées croisées surmontées d'une couronne royale.
K HITSCHLER décrit ce degré comme chargé d'agressivité, un caractère militaire, conquérant, susceptible de convenir à de grands sportifs (golf, escrime, tireur, lancer) mais aussi à des révolutionnaires. Il y voit la possibilité de procès et de meurtre.

SATURNE 1° BÉLIER : Un homme robuste......en marche....balance une massue...Il donne une impression de puissance tranquille mais décidée.
K HITSCHLER décrit un sportif, lutteur, dictateur, polémiste...

La LUNE en LION sur un degré (27°) de redoutable inconnu
Un homme tenant de la main droite une faux

Le SOLEIL VIERGE est carré à PLUTON

Malgré un magnifique cerf volant On trouve de nombreux carrés occasionnés par NEPTUNE et PLUTON.

Son SOLEIL conjoint à URANUS le rend assez imprévisible et la conjonction à MARS ce n'est pas que de la nervosité. 

Pour Anne Marie DEVÈZE qu'il a épousée en 1905 et qui lui a donné deux enfants c'est une déception. Le grand blondinet est un pilier de bar  aux poches percées qui est considéré comme insolvable. Sa réputation est très mauvaise et il n'a pas encore 30 ans.

Ils habitent un petit hameau au Giraoul. Ce mercredi 4 mars 1908, il a quitté sa maison vers 16 h et a épié la chaumière de Melle Clarisse PERTUS, une ancienne domestique de 68 ans qui a hérité, il y a peu et qui doit disposer d'un petit pactole qu'il lui soustrairait bien. 

La nuit est tombée, il s'approche de la maisonnée et toque à la porte. Melle PERTUS qui connaît bien le lascar le laisse cependant entrer. Elle est même prête à lui verser un verre de vin alors qu'il lui demande de lui prêter de l'argent. Il lui assure qu'il lui rendra. Mais la vieille fille refuse tout de go. Que nenni !

Jean Pierre ROUCHET est venu avec un gourdin. 
Le crime qu'il va commettre était-il déjà programmé ? C'est ce que concluront les jurés lors du procès qui se tiendra 6 mois plus tard. Car si son épouse s'est tue en voyant le beau linge emplir son armoire et les billets cachés dans cette pile de draps, il n'en a pas été de même des voisins qui n'avaient vu aucun rôdeur mais qui connaissaient bien "le ROUCHET".
Qui dans ce petit hameau avait pu s'en prendre à la vieille fille retrouvée le crâne fracassé, un coup de couteau dans le dos, le corps imbibé d'alcool et consumé par les flammes ? Sinon ROUCHET !...qui pensant effacer ses traces avait mis le feu aux vêtements de la victime avant de quitter les lieux. 

Arrêté après que les enquêteurs aient retrouvé le butin chez lui, son procès se tient le 6 août 1908. Son épouse ne sera pas inquiétée pour complicité. Elle pleure la mort de son petit dernier, en juin 1908. Les jurés n'ont pas trouvé de circonstances atténuantes à notre homme. La peine de Mort est le châtiment.
Mais nous sommes à une époque où le Président FALLIÈRES, ancien avocat, de gauche, est fervent défenseur de l'abolition de la peine capitale. Aussi, Jean Pierre ROUCHET demandera sa grâce vite accordée. La peine est commuée en Travaux Forcés.  Jean Pierre ROUCHET en aurait presque sauté en l'air....tant il est satisfait de cette réponse.  Il n'a pas encore pris conscience que la peine était à perpète.

Perpétuité dans un cadre hostile : la GUYANE ; il s'embarque le 05 juillet 1909.
Il ne tiendra pas longtemps à ce régime. Il meurt à l'hôpital de St LAURENT de MARONI le 1er Octobre 1917.

isalucy23@orange.fr


Le meurtre de Port Louis

 BONJOUR, 

La petite Edvina KERLO est née le 9 mars 1911 à 23 H à Port Louis dans le Morbihan (56). 
C'est une jeune blondinette et svelte, connue dans son quartier pour faire brouter sa chèvre chaque jour sur les fortifs. 
On peut noter différents carrés VÉNUS-LUNE, VÉNUS-NEPTUNE, PLUTON-SOLEIL, SATURNE-URANUS et SATURNE-MARS, un demi carré SOLEIL-SATURNE, une opposition MARS-NEPTUNE, de beaux trigones, la présence de JUPITER à l'ASC. 

Son père, François, est Mort pour la France (14 Novembre 1918) lors de la Première Guerre Mondiale alors qu'il était prisonnier à l'Hôpital de Constantinople en tant que quartier maître mécanicien à bord du sous marin Turquoise. 

En Octobre 1919, elle est adoptée par la Nation comme beaucoup d'enfants orphelins de guerre.

Sa mère, Marie Hélène LE BIHAN est comme son époux originaire de Riantec (Morbihan-56) elle s'est retrouvée orpheline très tôt et elle assume ses responsabilités seule désormais. 
Née le 5 juin 1882 à Riantec (2 H du matin) sous le signe des GÉMEAUX Asc BÉLIER

9 planètes se trouvent sous l'Horizon. Le SOLEIL est soutenu par une conjonction à JUPITER mais de violents carrés existent : SOLEIL carré à URANUS, JUPITER carré à URANUS, MARS carré à SATURNE et MARS Carré à NEPTUNE. VÉNUS est en opposition du MC 
La LUNE en CAPRICORNE reste malgré tout bien aspecté au MC

Les éléments TERRE dominent (MC+5 soit 6) le FEU(ASC+1 soit 2) l'AIR (2) et l'EAU (2).

En août 1922, Marie Madeleine LE BIHAN, 39 ans, la mère d'Edvina, cabaretière, doit partir faire des achats à LORIENT ; elle lui confie le commerce qu'elle tient. Habituée du fait, Edvina, 11 ans, est généralement accompagnée de son amie la petite JÉGOUZO, 12 ans quand sa mère s'absente, une fois par semaine. Mais cette fois-ci, il n'en est rien. Son amie n'a pu venir. Edvina se retrouve ainsi seule.

Ce 8 août 1922, le corps ensanglanté de l'enfant est retrouvé sous le comptoir du bar. Elle porte 3 plaies au niveau du front dont une à gauche. La plus grande fait 2 cm. Une section nette qui n'a pas endommagée la boîte crânienne. Plusieurs plaies contuses au niveau de la partie antérieure des pariétaux de la région médiane et une plaie contuse avec fracture du crâne au niveau de la tempe gauche. Un petit fragment d'os se trouve dans les cheveux. 
On trouva sur les lieux un poids en fonte d'un kilo ensanglanté.

La petite RIEUX, 12 ans, raconte : 
"J'ai vu la petite Elvina, la figure ensanglantée qui cherchait à sortir. À ce moment-là, un bras plein de sang aussi s'est élevé et à verrouiller la porte. C'était celui d'une femme car il était bien mince. 250 mètres plus loin, j'ai rencontré Mme DROUGUET à qui j'ai raconté ce que j'avais vu."

Quand la mère rentre de ses courses, elle comprend qu'un malheur est arrivé


C'est le témoignage de cette jeune morbihannaise : RIO Émilie (en fait c'est Amélie  !)de Port-Louis, 20 ans, fille d'un ancien conseiller municipal,  qui va permettre 

aux policiers chargés de l'enquête d'aller sur la trace d'une bohémienne, marchande de bibelots, colporteuse, vêtue de noir, le teint basané. Son témoignage est crucial. 

Elle restera tout l'après-midi sur les lieux, amie de la mère et de la jeune victime, elle semble calme, les traits reposés, pleine de compassion, alors qu'on entend les sanglots de Mme KERLO au fond de la boutique. Elle est présente auprès des journalistes venus faire une chronique. Elle les fait approcher du lit de la victime couchée dans une robe de mousseline blanche. Elle leur montre la mare de sang, les papiers d'emballage couverts d'une pluie de sang. Elle acquiesce quand un journaliste faire remarquer qu'il a fallut beaucoup de force au criminel pour provoquer de tels jets.

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Possédant le signalement de la "coupable présumée" on bat la campagne pour la retrouver. Des volontaires se sont joints aux gendarmes. On suppose qu'elle est habituée des lieux, qu'elle connaît les habitudes de la maison. Il est vraisemblable que le vol est le mobile. Il n'y avait rien dans les tiroirs du comptoir du commerce mais l'armoire dans la chambre à l'étage, a été visitée, chamboulée, vidée de son contenu. On y a trouvé une vingtaine de francs. 

La battue n'a rien donné. On a poussé les investigations jusqu'à LORIENT. On a bien trouvé une cartomancienne mais elle a un bon alibi pour cette journée. Le même soir, un autre bruit circule. La coupable serait une jeune fille de Loc Malo. Elle a été entendue par le juge BRUGUIÈRE qui s'est attaché aux détails de la déclaration de la jeune fille..... mais pas d'arrestation. Mme PHILIPPO, une résidente en villégiature est venue faire un témoignage qui leur a également paru intéressant. Puis suivirent Mme COSTEVEC, le jeune apprenti cimentier GUENNEC de 17 ans, qui travaillait en face et fut témoin des cris de l'enfant. En fait, le Parquet ne dispose pas de preuves suffisantes....même si ses propos sont en parfaite contradiction avec les témoignages déjà enregistrés. La jeune fille est extrêmement forte et se défend avec maestria. Ils sont certains également que la jeune RIEUX a reconnu dès le premier moment la meurtrière mais qu'elle ne veut rien dire. 

Émilie RIO le jour des obsèques est encore présente sur les lieux du crime. Elle sanglote sur l'épaule d'une amie : "Ils disent que c'est moi. Tu sais que ce n'est pas possible"

Le Jeudi 10, vers 17 H, l'affaire est laissée entre les mains de M. LABOUÉRIE, chef de la brigade mobile de RENNES et de ses dévoués inspecteurs. 

C'est là que deux témoins se manifestent :  

M. ORÉLIO, négociant à LocMalo et Mme JAOUEN, un témoin qui avait observé un prudent silence jusque là, qui s'en vint faire une déclaration complémentaire. Il fallut toute l'autorité de son époux pour qu'elle se décida le soir du Vendredi 11. M JAOUEN déclara que Melle RIO était une menteuse effrontée qui affirmait avoir été présente jusqu'à 10 H alors qu'en fait elle était là jusqu'à 10 H 45. Sa femme était présente quand la criminelle sort de la boutique pour se laver les mains couvertes de sang dans un seau d'eau. Mme JAOUEN donna divers détails permettant de confirmer ses dires. 

Une confrontation fut exigée. La jeune RIO bien que troublée par ce témoignage, nia encore les faits. 

Au moment de son arrestation, quelques heures plus tard, elle va avouer et indiquer où elle a caché l'arme du crime : un marteau muni d'une panne carrée qu'elle a utilisé pour frapper la jeune Edvina. Il est retrouvé à l'endroit indiqué, encore ensanglanté. Mais les médecins qui ont observé la victime prétendent que le marteau ne peut à lui seul avoir provoqué les blessures à la tête.

Dans la nuit du Vendredi 11 au Samedi 12 août, la jeune RIO Émilie dépressive est conduite à la gendarmerie de Port Louis, accompagnée deux gendarmes pour la soutenir. Dès son arrivée à la maison d'arrêt, elle se jeta la tête contre les murs. Son état d'énervement prit fin ; écrasée de fatigue et l'insomnie contre lesquelles elle luttait depuis 3 jours et 3 nuits, elle s'endormit d'un sommeil pesant ne s'éveillant qu'une fois. 

Le 12 août, dans la maison d'arrêt, alors qu'elle vient d'avouer le crime, elle met en cause un complice. 

Par chance pour ce brave homme son alibi fut confirmé. 
Mais les explications étaient nécessaires. Pourquoi ce crime ? 

- J'ai menti, j'étais seule !
Seule elle le restera. Elle qui devait se fiancer ce même jour avec un jeune capitaine au cabotage de Lorient, restera bien en cellule dans l'attente de son jugement.

Le 13 août, on retrouve cachés dans des taies d'oreiller et sous une housse de lit, à son domicile, la jupe, le tablier et le corsage, les vêtements ensanglantés de la criminelle. Le marteau fut retrouvé sous une armoire au 1er étage.
 Amélie (et non Émilie) RIO fut condamné aux Travaux Forcés à perpétuité. Peine qui sera commuée en 20 ans. Elle sortira en septembre 1943. Elle décèdera à Port Louis -où elle est de retour-, le 27 novembre 1984.

Amélie Louise RIO était née à Port Louis, le 26 mars 1902 à 13 H



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